(Échos du Niger 28 août) Le Niger a franchit une nouvelle étape dans sa politique minière avec l’attribution de permis d’exploitation d’uranium à TSUMCO et MAMICO la semaine dernière. Le choix traduit une orientation claire : renforcer la maîtrise nationale des ressources stratégiques. Toutefois , la véritable question commence après l’attribution des permis.
Un permis ne produit ni uranium, encore moins de recettes. Il faut des investissements, des infrastructures, des compétences, de l’énergie, de la logistique et un environnement juridique suffisamment prévisible pour permettre aux capitaux de s’engager. Le cas de Madaouela illustre cette complexité. Atomic Eagle a annoncé la réinstallation de ses intérêts dans le projet avec une participation de 60 %, l’État nigérien conservant 40 %.
Le projet dispose d’un important historique d’exploration. Cette formule peut représenter une voie intermédiaire entre contrôle souverain et mobilisation de capitaux privés. L’enjeu pour Niamey sera de trouver l’équilibre entre souveraineté minière et attractivité économique.
Le Niger dispose donc d’une fenêtre stratégique. Le redéploiement de sa politique uranifère peut permettre de récupérer davantage de valeur ajoutée. Mais pour que cette ambition devienne réalité, il faudra passer de la reprise administrative des actifs à la construction d’une véritable chaîne industrielle nationale.
Youssouf Seriba-www.lesechosduniger.com
