(Echos du Niger 15 oct) Le monde peut produire suffisamment de nourriture et laisser des familles sans repas adéquats. À la veille de la Journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre, les données internationales rappellent que la sécurité alimentaire dépend aussi des revenus, des marchés et de l’accès à une alimentation diversifiée.
Selon le rapport SOFI 2026 des agences des Nations unies, environ 645 millions de personnes ont souffert de la faim en 2025, soit 7,8 % de la population mondiale. Le nombre recule au niveau mondial, mais les écarts régionaux demeurent importants. L’Afrique compte environ 309 millions de personnes concernées, contre 292 millions en Asie. Une autre mesure décrit une difficulté plus large : quelque 2,1 milliards de personnes ont connu une insécurité alimentaire modérée ou grave. Cette notion couvre notamment les situations où les ménages doivent compromettre la quantité ou la qualité de leurs repas. Elle ne se confond pas avec l’indicateur de sous-alimentation.
Dans son message le 15 octobre, le représentant de la FAO au Niger, Al Hassan Cissé, insiste sur les inégalités d’accès aux connaissances, aux investissements et aux débouchés. Cette approche invite à considérer l’ensemble du parcours entre production agricole et consommation. Pour un producteur, une récolte abondante ne garantit pas une rémunération suffisante si le transport, le stockage ou l’accès aux acheteurs posent problème. Pour un ménage, la présence de denrées sur un marché ne prouve pas qu’il peut les acheter régulièrement. Ces deux situations exigent des réponses différentes.
La qualité du régime alimentaire ajoute une autre dimension. Disposer de calories ne suffit pas à assurer une alimentation équilibrée. Le SOFI estime à 2,69 milliards le nombre de personnes incapables de financer une alimentation saine en 2025.
Au Niger, l’évaluation des politiques devrait donc rapprocher plusieurs informations : disponibilités agricoles, prix locaux, revenus et indicateurs nutritionnels. Une moyenne nationale peut masquer des difficultés saisonnières ou territoriales. L’innovation alimentaire peut concerner une technique agricole, mais aussi une organisation du stockage, un financement adapté ou un accès plus fiable au marché. Son intérêt se mesure au service rendu. Nourrir davantage de personnes suppose de suivre ce qui arrive dans les assiettes, et pas seulement ce qui sort des champs.
