Sacs de céréales au marché de Katako ©Échos du Niger

Période de soudure : pourquoi les pluies favorables ne suffisent pas à garantir la sécurité alimentaire à tous

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(Echos du Niger 16 aout) Le Niger entre dans une période particulièrement sensible de son calendrier alimentaire. Selon FEWS NET, les besoins d’assistance alimentaire pourraient atteindre 2,5 à 2,9 millions de personnes et culminer entre août et septembre 2026. Dans le même temps, les prévisions météorologiques sont plutôt favorables. La Direction nationale de la météorologie prévoit une saison normale à excédentaire sur la bande agropastorale.

Cette apparente contradiction mérite d’être expliquée. Une bonne pluviométrie n’efface pas les conséquences des mauvaises récoltes précédentes, des déplacements de populations, des difficultés d’accès aux champs ou de la fluctuation des prix.

Les ménages pauvres dépendent fortement des marchés pendant la période de soudure. Or, lorsque les stocks familiaux sont épuisés, une augmentation des prix peut rapidement réduire la quantité et la qualité des repas.

FEWS NET souligne précisément que les ménages pauvres des zones non affectées par les conflits restent exposés aux prix alimentaires élevés et à l’épuisement des stocks. La réponse doit donc combiner plusieurs politiques : assistance alimentaire ciblée, soutien à la production, protection des moyens d’existence, surveillance des marchés et anticipation des inondations.

Le Niger dispose également de marges importantes pour améliorer la disponibilité de produits alimentaires diversifiés. Plusieurs rapports récents sur le système alimentaire nigérien montrent notamment une progression importante de la production maraîchère, mais souligne aussi les difficultés d’accessibilité économique et de chaîne d’approvisionnement pour certains produits.

La sécurité alimentaire ne se résume donc pas à produire suffisamment. Elle dépend aussi de la capacité des ménages à acheter, stocker, transformer et consommer des aliments nutritifs.

C’est pourquoi la période août-septembre doit être observée comme une période charnière : les pluies préparent la prochaine récolte, mais des millions de personnes doivent encore traverser la soudure.

Achirou Ibrah (www.lesechosduniger.com)

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