(Echos du Niger 13 aout) La jeunesse sahélienne veut désormais être davantage qu’une cible des politiques publiques. La déclaration adoptée à Niamey à l’issue de la troisième édition du Forum YouthConnekt Sahel, tenue du 10 au 12 août, place les jeunes au cœur des discussions sur la paix, la sécurité et la cohésion sociale.
L’un des appels les plus significatifs concerne la création d’un fonds sahélien pour la jeunesse, la paix et la cohésion sociale. L’objectif serait de financer et d’institutionnaliser la participation des jeunes aux politiques de prévention des conflits et de l’extrémisme violent.
Cette proposition traduit une évolution importante du discours sur la sécurité au Sahel. Pendant longtemps, les jeunes ont principalement été considérés sous l’angle du risque : radicalisation, chômage, migration ou vulnérabilité à la violence. La déclaration cherche à inverser cette perspective : faire de cette jeunesse une partie de la réponse.
L’enjeu est considérable dans une région où les jeunes représentent une part majeure de la population. Leur implication dans la prévention des conflits peut contribuer à renforcer les mécanismes locaux d’alerte, la médiation et la cohésion communautaire.
Mais l’efficacité d’une telle initiative dépendra d’une condition : le financement doit être accompagné de mécanismes transparents et d’un véritable pouvoir d’action accordé aux jeunes.
La Déclaration de Niamey constitue donc moins une conclusion qu’un test. Sa crédibilité se mesurera à la capacité des États et des partenaires à transformer les recommandations en programmes concrets, financés et évaluables.
Pour les jeunes Sahéliens, l’enjeu est désormais de passer de la consultation à la participation effective.
Les Echos du Niger

