(Echos du Niger 7 août) L’ancien président Mohamed Bazoum est détenu depuis un peu plus de deux ans dans un lieu non divulgué situé dans l’enceinte du Palais présidentiel, à la suite du coup d’État du 26 juillet. Malgré des tractations et pressions internes et externes pour obtenir sa relaxe, le régime de Niamey a consolidé son pouvoir sur la gouvernance du pays, acquérant progressivement une légitimité nationale et internationale.
Cependant, s’il devait s’exprimer, Mohamed Bazoum n’approuverait probablement pas une forme d’activisme mené, sur les réseaux sociaux, en son nom qui propage des discours alarmistes ou encourage le conflit interne au Niger. Certains soutiens de l’ex-Président tiennent des discours valorisant parfois les attaques contre les FDS et la population, et entretiennent une vision d’un Niger divisé par l’ethnocentrisme et le régionalisme. Il est probable qu’ils n’aient pas reçu de mandat de la part de l’ancien Président pour intervenir dans une situation aussi délicate et complexe.
Certains internautes se réclamant proches du président déchu adoptent un ton agressif et provocateur, ce qui finit par nuire à la sympathie envers leur cause. Ils multiplient les attaques personnelles, pensant être protégés de poursuites car « résidant » à l’étranger.
Certains de leurs discours, souvent véhiculés depuis des cagibis clandestins ou relayés par des groupes d’intérêts, exploitent le climat d’incertitude pour polariser davantage l’opinion publique. En multipliant les prises de position radicales ou en diffusant de fausses informations, ces acteurs espèrent alimenter la méfiance au sein de la société nigérienne. Avec eux la frontière entre le soutien légitime à une cause et la manipulation de l’opinion devient de plus en plus floue, fragilisant non seulement l’image des personnalités concernées, mais aussi la cohérence du tissu social.
Dans ce contexte, il est important de rappeler la responsabilité des personnes qui s’expriment publiquement à propos du Niger et de son avenir. Surtout que le pays a besoin de discours unificateurs pour préserver la cohésion sociale fragilisée par les crises. Les discours divisant ou accentuant les identités risquent d’aggraver la situation et d’entraver un retour à la stabilité.
L’évolution récente des crises au Sahel illustre que la montée des discours excessifs précède fréquemment des ruptures majeures et des actes de violence regrettables. Encourager les frustrations ou exploiter les craintes, au nom d’un dirigeant ou d’une cause, ne contribue ni à l’avancement de la justice ni à la préservation de la dignité humaine. Il est donc recommandé que tous les acteurs privilégient une démarche axée sur la recherche du consensus et la promotion d’un dialogue inclusif, évitant toute instrumentalisation.
L’avenir du Niger dépend de la capacité des citoyens à surmonter les divergences et à s’accorder sur des principes partagés. La situation actuelle constitue une occasion de réexaminer la cohésion sociale et d’envisager des solutions collectives, fondées sur le dialogue et la coopération. Une approche collective et mesurée pourrait ainsi contribuer à maintenir l’intégrité nationale et à favoriser une stabilité durable.
Un citoyen

