(Echos du Niger 31 juillet) Si vous avez prévue de faire une opération bancaire dans les agences de la BOA Niger entre ce jeudi 31 juillet et demain vendredi, mieux vaut changer de plan. Pour cause, les agents de cette institution bancaire à travers leur syndicat, le SYNBANK, ont déposé un préavis de grève pour les 31 juillet et 1er août 2025. Au cœur de la contestation : le non-paiement du bonus 2024 et le refus persistant de la direction générale d’accorder certaines primes liées à l’évaluation du personnel. Le conflit met en lumière une remise en cause d’acquis sociaux considérés comme intouchables par les travailleurs du secteur.
Un vent de fronde souffle sur le secteur bancaire nigérien, plus précisément au sein de la Bank Of Africa (BOA-Niger).Dans une correspondance adressée à la direction générale de la BOA-Niger, le SYNBANK, par la voix de son secrétaire général Abdoul Aziz Mahamadou, rappelle que les tentatives de règlement à l’amiable ont échoué. Une médiation menée le 16 juillet par l’Inspecteur du travail de la région de Niamey n’a pas permis d’aboutir à une conciliation, les responsables de la banque persistant à justifier leur refus d’octroi des primes par des résultats jugés « en deçà des attentes » en 2024.
Le syndicat rétorque que les bonus en question constituent un droit acquis depuis plus de vingt ans, régulièrement versé au personnel indépendamment des performances annuelles. Il considère donc le refus actuel comme une entorse grave à la Convention collective en vigueur. En conséquence, une grève d’avertissement de 48 heures est annoncée à l’échelle nationale, si les revendications ne sont pas satisfaites.
Cette posture a immédiatement reçu le soutien de la Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger (CDTN), qui dans une lettre datée du 30 juillet, fustige la direction de la BOA pour sa « tentative de remise en cause des acquis sociaux ». La CDTN affirme son soutien indéfectible aux agents en grève et met en garde contre une dégradation du climat social au sein de l’établissement bancaire. Elle appelle à des négociations sincères dans les meilleurs délais.
Ce bras de fer intervient dans un contexte économique difficile où les travailleurs du secteur financier, longtemps perçus comme privilégiés, sont de plus en plus confrontés à des mesures d’austérité ou des révisions d’avantages sociaux. Il soulève également la question plus large du respect des conventions collectives dans le secteur privé et de la protection des droits acquis.
Au vu de la couverture de la BOA, ce débrayage pourrait provoquer une paralysie partielle avec des conséquences notables sur les opérations financières à l’échelle nationale, dans un contexte où usagers ont déjà du mal à accéder à temps voulu à la leurs épargnes. La balle est désormais dans le camp de la direction générale, à qui il revient de privilégier le dialogue social pour éviter une escalade dont les premiers perdants seraient les clients et la réputation de l’institution.
Alkacir Bako(lesechosduniger.com)

