(Echos du Niger 29 avril) Depuis sa mise en exploitation, il y a presque un an, le terminal de Sèmè-Kpoji a vu partir dix-huit (18) navires avec au total au total dix-sept millions sept cent soixante-quinze mille sept cents (17.775.700) barils de pétrole brut chargés à bord, ont annoncé les responsables chinois du gigantesque projet. Ainsi, donc, malgré la fermeture des frontières terrestres et la persistance des attaques contre le plus long oléoduc d’Afrique, le pétrole brut nigérien continue de couler à flot à travers le Pipeline d’Exportation Niger-Bénin (PENB), pour des livraisons sur les marchés internationaux via le complexe pétrolier de Sèmè-Kpodji.
L’annonce a été faite par Jen Jinsong, Administrateur général du Projet d’exploitation du Pipeline d’Exportation Niger-Bénin (PENB) par la Société chinoise WAPCO à l’occasion d’une visite effectuée la semaine dernière par une délégation de députés béninois conduite par le Président de l’Assemblée nationale, Louis Gbèhounou Vlavonou, sur le site du Terminal pétrolier de Sèmè. Sur invitation de Zhang Wei, Ambassadeur de la République populaire de Chine près le Bénin, les parlementaires béninois ont, en effet, visité, jeudi 24 avril 2025, les différentes composantes de la station terminale de Sèmè. Il s’agit notamment de la salle de sensibilisation sur les normes sécuritaires, du laboratoire d’analyse des produits pétroliers, de l’atelier de maintenance et d’intervention d’urgence, de l’abri des pompes à incendie, de la salle des générateurs moyenne tension, de la zone des vannes d’entrée, de la zone des pompes de chargement maritime, de la zone de comptage, de la zone de raclage du pipeline sous-marin, du quai maritime et du magasin des équipements anti-pollution marine.
Malgré la crise entre Niamey et Cotonou, l’or noir continue de couler…
La station terminale du projet pipeline d’exportation Bénin-Niger située à Sèmè dans le Département de l’Ouémé couvre une superficie d’environ 250.000 mètres carrés et selon les explications des responsables chinois de WAPCO, depuis sa mise en exploitation à ce jour, le terminal de Sèmè a déjà vu partir 18 navires avec au total 17.775.700 barils de pétrole brut à bord.

Ainsi donc, malgré la crise diplomatique entre les autorités du Niger et du Bénin, le pétrole brut nigérien continue de couler à flot via le pipeline et le terminal pétrolier de Sèmè, un projet exploité par la West African Oil Pipeline Company (Wacpo), maître d’ouvrage du projet et filiale de la CNPC, la China National Petroleum Corporation, qui exploite le champ pétrolier d’Agadem ainsi qu’une Raffinerie à Zinder (SORAZ), au Niger.
En plus des 18 navires avec au total dix-sept millions sept cent soixante-quinze mille sept cents (17 775 700) barils de pétrole brut à bord qui ont quitté le Terminal de Sèmè-Podji depuis le lancement des activités, le projet a aussi créé plus de deux mille emplois directs pour les populations locales et aidé à former de nombreux talents dans le domaine du pétrole à travers la mise en place des bourses d’études et des programmes de stages.
Le pipeline Bénin-Niger est un projet géant qui est officiellement entré en service l’année dernier avec le chargement du premier navire qui s’est effectué entre le 17 et le 19 mai avec 1.000.000 de barils de pétrole brut à bord du premier Tanker qui a quitté le terminal pétrolier béninois avec du brut du Niger.
Il convient aussi de noter qu’en plus de la crise diplomatique entre Niamey et Cotonou, le Pipeline fait aussi face à des actes de sabotage de la part de groupes criminelles et terroristes le long de son tracé, particulièrement vers les zones frontalières du Nigeria (Tahoua et Dosso) et dans le nord du pays. Pour faire face à cette situation, les autorités militaires nigériennes ont renforcé le dispositif de sécurisation des infrastructures pétrolifères et des accords ont été récemment signés entre plusieurs sociétés actives dans l’industrie pétrolière dont WAPCO et la CNPC NP, et le ministère de la défense nationale pour renforcer la sécurité des sites.
Des retombées socioéconomiques pour le Niger, la Chine et é le Bénin…

Les enjeux financiers expliquent en grande partie que malgré les défis et obstacles, le Niger, le Bénin et la Chine parviennent à s’entendre pour que le pétrole continue de couler à travers le plus grand oléoduc africain. « Pour l’Assemblée nationale, la présente visite revêt une importance particulière. Elle offre à la représentation nationale, l’opportunité de mieux appréhender l’ampleur et la complexité liées à l’implantation des infrastructures d’une telle envergure », a déclaré le Président Louis Gbèhounou Vlavonou au terme de la visite. « Plus qu’un simple ouvrage pétrolier, le Pipeline Bénin-Niger incarne une vision de développement, une ambition de croissance économique du Bénin et du Niger et une volonté de renforcer les liens de coopération régionale faisant ainsi du Bénin un hub en matière d’exportation de pétrole brut : il s’agit bel et bien d’un projet fédérateur », a-t-il poursuivi.
Selon les chiffres officielles, la construction du pipeline géant aurait coûté plus de 2,3 milliards de dollars. Pour exploiter les champs pétroliers d’Agadem, situés dans l’est du Niger, plus de 4 milliards de dollars ont été investis. Des investissements qui ont permis de porter la production pétrolière du Niger à 110.000 barils par jour dont 90.000 doivent être exportés quotidiennement. Les autorités nigériennes estiment que les exportations de pétrole devraient générer le quart du PIB du pays c’est à dire plus de 13,6 milliards de dollars selon les projections de la Banque mondiale.
Officiellement, les réserves du Niger sont évalués à deux milliards de barils. Et selon les projections officielles, le pays en produira 200.000 par jour en 2026. De son coté, le Bénin, grâce aux droits de passage, espère également tirer des bénéfices de la mise en route de ce pipeline géant.
Enfin, il importe de rappeler, en termes technique, que le pipeline d’exportation Bénin-Niger (PENB) commence à la station initiale PS01 située à Koulélé dans la région de Diffa au Niger et se termine au terminal de Sèmè dans le Département de l’Ouémé au Bénin. Le tracé terrestre de ce pipeline s’étend sur une longueur de 1950 kilomètres, dont 1275 km en terre nigérienne et 675 km au Bénin.
Ce tracé, a-t-il ajouté, est composé de 09 stations (06 au Niger et 03 au Bénin) ainsi que 59 salles de vannes. Par ailleurs, un quai de soutien aux opérations est conçu pour l’accostage des bateaux de travail. Il est constitué d’une passerelle, d’une digue de protection et d’un quai sur pilotis. Le terminal offshore du projet inclut 02 pipelines sous-marins de 14,4 km chacun et d’un diamètre de 711 mm ainsi qu’un système d’amarrage à point unique (SPM) de 160.000 DWT et ses installations associées. Le SPM est implanté à une profondeur d’environ 27 mètres, capable d’accueillir des pétroliers de 160.000 tonnes (1 million de barils) pour l’exportation du brut.
Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

