CD USN et le CE UIN en conclave : une réunion pour légitimer l’inacceptable

Éducation

(Echos du Niger 29 avril) Lundi 28 avril 2025, une réunion s’est tenue entre le Comité Directeur de l’Union des Scolaires Nigériens (CD/USN) et le Comité Exécutif de la Section de l’Université Islamique du Niger (CE/UIN). Officiellement convoquée pour « clarifier » des divergences internes, cette rencontre s’inscrit en réalité dans le sillage d’un acte grave, passé sous silence dans le compte rendu officiel : la descente musclée et brutale des militants de l’USN dans le dortoir des étudiantes de l’Université Islamique, accusées de ne pas avoir respecté un mot d’ordre syndical.

Ce qu’on tente de maquiller derrière un verbiage militant et des envolées pseudo-révolutionnaires, c’est une atteinte directe à la dignité humaine et aux droits fondamentaux. L’agression d’étudiantes dans leur lieu de vie est une ligne rouge. Et que cette attaque soit perpétrée par une organisation qui se targue d’hériter des luttes pour la justice sociale est non seulement paradoxal, mais moralement indéfendable.

Le compte rendu ne fait nulle mention de cet incident, préférant s’attarder sur une diatribe contre des « apatrides », des « traîtres » et autres caricatures ennemies imaginaires. Loin de se remettre en question, la direction de l’USN se drape dans une posture victimaire, dénonçant une « offensive médiatique » plutôt que de répondre de manière responsable aux actes inqualifiables de ses membres.

Car ce n’est pas « la calomnie » qui est en cause ici, mais un fait : des étudiantes ont été intimidées, violentées, parce qu’elles ont fait usage de leur droit fondamental à la liberté d’opinion. Qu’il s’agisse d’un mot d’ordre non respecté ou d’un désaccord idéologique, rien ne justifie la violence. Absolument rien. Et encore moins lorsqu’elle vise des femmes, dans un contexte universitaire censé garantir leur sécurité et leur intégrité.

Il est préoccupant, voire effrayant, de constater que la réunion se soit conclue sur une « note de satisfaction générale », sans qu’aucune condamnation explicite ne soit formulée contre cette agression. Au contraire, la logique dominante était celle de la remobilisation militante, de la réaffirmation de la discipline et de la fidélité aveugle à un leadership qui semble désormais confondre engagement et obéissance servile.

En réalité, cette réunion n’a servi qu’à entériner une politique d’intimidation et à renforcer l’impunité. Elle a offert une tribune à ceux qui refusent toute autocritique, préfèrent l’attaque personnelle au dialogue, et veulent faire taire la pluralité d’opinions au sein du mouvement estudiantin.

Mais l’histoire retiendra les faits. Et parmi eux, ce jour où des militantes ont été agressées pour avoir refusé de plier. L’USN, en choisissant de couvrir cet acte au lieu de le condamner, trahit non seulement ses valeurs proclamées, mais aussi la mémoire des véritables martyrs de la démocratie scolaire et universitaire au Niger.

À l’heure où le pays aspire à une refondation nationale, l’USN doit choisir : être le bras armé d’un autoritarisme déguisé ou redevenir ce qu’elle prétend être c’est-à-dire, une force de progrès, d’émancipation, et de justice. Tant que la violence contre les étudiantes restera sans sanction, c’est le second choix qui s’éloigne. Et nous osons espérer qu’il ne serait pas ainsi.

Mahamadou Tahirou(lesechosduniger.com)

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