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Crise diplomatique: Alger rejette les accusations de Bamako et de l’AES, rappelle ses ambassadeurs et ferme son espace aérien au Mali

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(Échos du Niger 8 avril) L’Algérie a officiellement réagit, ce lundi 07 avril, aux accusations portées la veille par le Mali et la Confédération des États du Sahel (AES) qui ont qualifié “d’agression hostile” et de “soutien au terrorisme”, la destruction la semaine dernière, d’un drone de l’armée malienne par la défense aérienne algérienne. Dans un communiqué au ton assez virulent du ministère des Affaires étrangères et des Affaires africaines, le régime algérien a exprimé sa « grande consternation » concernant le communiqué rendu public par le gouvernement malien de la transition, ainsi que celui émanant du collège des Chefs d’Etat de la Confédération des États du Sahel (AES). Comme mesure de rétorsion, Alger a décidé de rappeler ses ambassadeurs au Niger et au Mali ainsi que de différer la prise de fonction de celui accrédité au Burkina Faso, avant de décider, un peu plus tard, de fermer son espace aérien à tout aéronef en provenance ou à destination du Mali.

La réponse du berger à la bergère de l’Algérie au Mali et à la Confédération des États du Sahel (AES) n’a pas tardé. Dans un communiqué au vitriol publié ce lundi 06 avril 2025 par son ministère en charge des Affaires étrangères et des Affaires africaines, le gouvernement algérien a annoncé avoir pris connaissance, “avec un sentiment de grande consternation”, du communiqué du gouvernement malien de la transition, ainsi que de celui émanant du collège des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel (AES). « Par son communiqué, le gouvernement de la transition au Mali porte de graves accusations contre l’Algérie.

En dépit de leur gravité, toutes ces allégations mensongères ne dissimulent que très imparfaitement la recherche d’exutoires et de dérivatifs à l’échec manifeste de ce qui demeure un projet putschiste qui a enfermé le Mali dans une spirale de l’insécurité, de l’instabilité, de la désolation et du dénuement », indique le texte dans lequel l’Algérie dit rejeter avec force, “cette tentation présente dans toutes les attitudes malveillantes et systématiquement infondées par lesquelles la junte des putschistes qui sévissent au Mali tente vainement de faire de notre pays un bouc émissaire aux revers et aux déboires dont le peuple malien paye le prix le plus lourd ».Selon le régime algérien, « l’échec de cette clique inconstitutionnelle est patent à tous les niveaux, politique, économique et sécuritaire.

Les seuls succès dont cette même clique peut se prévaloir sont ceux de la satisfaction d’ambitions personnelles au prix du sacrifice de ceux du Mali, de l’assurance de sa survie au détriment de la protection du Mali et de la prédation des maigres ressources de ce pays frère aux dépens de son développement ». Et d’asséner que “la collusion que le gouvernement malien établit avec une extrême légèreté entre l’Algérie et le terrorisme manque tellement de sérieux qu’il serait superflu de lui prêter attention ou d’y répondre.

En effet, la crédibilité, l’engagement et la détermination de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme n’ont besoin ni d’être justifiés, ni d’être établis. Par contre, la première menace et la plus déterminante sans doute qui pèse sur le Mali aujourd’hui réside dans l’incapacité des putschistes à assumer la lutte anti-terroriste réelle et effective, au point d’en confier la gestion au mercenariat dont l’Afrique a tellement pâtit dans son histoire récente ».

Le gouvernement algérien a aussi rappelé que la destruction par ses forces de Défense aérienne du territoire d’un drone malien a fait immédiatement l’objet d’un communiqué officiel du Ministère de la Défense Nationale. Et d’ajouter que le Gouvernement algérien maintient les termes de ce communiqué précisant qu’il s’agit de la troisième violation du genre en l’espace de quelques mois.

La crise diplomatique entre Alger et Bamako s’étend aux autres Etats membres de l’AES

Dans son communiqué, dans un langage pas du tout diplomatique, le gouvernement algérien a également dit regretter profondément, par ailleurs, “l’alignement inconsidéré du Niger et du Burkina Faso sur les thèses fallacieuses présentées par le Mali ».

Il regrette, également, « le langage outrancier et injustifié tenu à l’égard de l’Algérie, un langage qu’il condamne et rejette avec une extrême fermeté ». Et c’est pourquoi, le gouvernement algérien a décidé d’appliquer la réciprocité en procédant au rappel, pour consultation, de ses ambassadeurs au Mali et au Niger et à différer la prise de fonction de son nouvel ambassadeur au Burkina Faso.Par ailleurs, dans un autre communiqué publié dans l’après-midi de ce même lundi, le gouvernement algérien a décidé de fermer son espace aérien au Mali.

« Face aux violations répétées par l’Etat du Mali de notre espace aérien, le Gouvernement algérien a décidé la fermeture de ce dernier à la navigation aérienne en provenance ou à destination de l’Etat du Mali, et ce, à partir d’aujourd’hui 07 avril 2025 », a précisé un communiqué du ministère algérien de la Défense nationale. Ce qui témoigne de l’ampleur de l’escalade diplomatique qui risque de s’exacerber les prochains jours au risque de faire des victimes collatérales dans la configuration géopolitique actuelle entre Alger et plusieurs de ses voisins dont le Niger et par extension le Burkina Faso, l’autre pays de l’AES solidaires du Mali, avec qui l’Algérie entretient de bonnes relations jusque-là…

Ikali DH (lesechosduniger.com)

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