(Echos du Niger 9 avril)C’est une ingérence qui ne dit pas son nom mais qui n’est pas sans rappeler celle de l’Algérie dans la crise entre le CNSP et la Cédeao au lendemain des évènements du 26 juillet 2023. Dans un communiqué publié ce mercredi 9 avril 2025, la Commission de la CÉDEAO a exprimé sa « profonde préoccupation » sur la situation qui prévaut depuis quelques jours entre le Mali et l’Algérie et a appelé les deux pays au dialogue pour désamorcer la tension diplomatique qui ne cesse de d’exacerber avec l’entrée en scène des pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES) qui soutiennent Bamako.
Dans le bref communiqué, la Commission de la Commission Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) indiqué qu’elle a suivi avec « inquiétude » les récents développements qui ont affecté les relations entre la République du Mali et la République Algérienne Démocratique et Populaire, tels qu’ils ont été communiqués à travers les différents communiqués publiés par les deux pays ces derniers jours.
« Au nom des Etats membres de la Cédeao, la Commission exprime sa profonde préoccupation face à cette situation. Elle lance un appel au Mali et à l’Algérie pour qu’ils désamorcent la tension, favorisent le dialogue et utilisent les mécanismes régionaux et continentaux pour régler le différent« , ajoute le communiqué.
Ingérence…?
Comme lors de la crise entre les nouvelles autorités militaires du Niger et la Cédeao au lendemain du coup d’état militaire du 26 juillet 2023 et l’avènement du CNSP au pouvoir dans laquelle s’est ingérée l’Algérie, l’organisation d’intégration ouest-africaine a visiblement voulu se faire entendre à travers cette déclaration des plus neutres.
La crise diplomatique entre Bamako et Alger s’est de nouveau exacerbée ces derniers jours à la suite de la destruction d’un drone de l’armée malienne par la défense aérienne algérienne, la semaine dernière, près de Ton Zaouatene, une zone frontalière entre les deux pays. Selon l’Algérie, l’aéronef aurait violé son espace aérien, ce qu’a rejetté le gouvernement malien qui a qualifié cet acte « d’agression » avant d’accuser son voisin de « parrainer le terrorisme » dans la région. En solidarité, les pays de la Confédération des États du Sahel (AES), le Niger et le Burkina Faso, ont apporté leur soutien au Mali et rappelé leurs ambassadeurs accrédités à Alger. Une posture dénoncé par l’Algérie qui a appliqué la réciprocité avant de fermer son espace aérien au Mali qui, en rétorsion, a aussi pris la même décision.
Depuis un statu quo s’est installé entre Bamako et Alger qui se regardent en chien de faïence alors qu’aucune organisation ou aucun pays ne semble jusque-là se positionner sur cette nouvelle crise entre les deux pays qui s’étend à la sous-région sahélienne et risque de compromettre la stabilité régionale avec de grands risques pour certains pays comme le Niger qui a également des intérêts avec son puissant voisin algérien.
Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

