Mon Général-Gouverneur, votre discours à la cérémonie d’ouverture des assises dites nationales est parvenu à nos oreilles, et a bien atteint le résultat du buzz escompté et surtout la volonté de livrer la politique et la classe politique post-conférence nationale à la vindicte populaire.
S’il est vrai que votre discours, ou disons votre procès contre la classe politique post-conférence nationale est plein de vérités indéniables, il n’en demeure pas moins qu’il comporte quelques insuffisances et incohérences qui nous mettent mal à l’aise, nous jeunes acteurs politiques qui sommes les porteurs légitimes de ce combat contre la classe politique post-conférence nationale et ses tares, bien avant l’avènement du CNSP dont vous êtes accessoirement membre.
En effet M. le Général-Gouverneur, tous vos griefs portés contre la classe politique post-conférence nationale sont véridiques, sauf que, nous n’avons pas besoin de loupe pour voir la connexion incestueuse et anti-républicaine, une connexion de corruption et de copinage malsain entre ladite classe politique et la génération de l’élite militaire actuellement et pour la énième fois aux commandes de l’État du Niger.
Faisant même fi du nombre de militaires supérieur au nombre de civils ayant dirigé ce pays, la responsabilité de l’abîme dans lequel notre pays est jeté est à partager entre la classe politique post-conférence et l’élite militaire actuellement aux affaires.
Par rapport au bradage de notre souveraineté nationale par l’installation de bases militaires étrangères au Niger, n’est-ce pas avec votre avis technique d’officiers supérieurs et généraux selon Bazoum dans des discours officiels devant vous officiers supérieurs, généraux et responsables de notre armée, que ladite installation des bases militaires étrangères a été faite sur notre sol ?
Les choix politiques des gouvernants civils ou même militaires dans n’importe quel domaine, sont motivés par les avis experts y afférent, donc des avis des techniciens ? On me dira que nos officiers supérieurs et généraux étaient sous commandement, mais ils pouvaient quand-même démissionner non de leurs responsabilités s’ils estimaient et ont constaté que leurs avis ne comptaient pas pour dégager toute responsabilité ?
Le général de Villiers en France avait par exemple démissionné de son poste de chef d’état-major des armées françaises lorsqu’il n’était pas d’accord avec la décision d’Emmanuel Macron de réduire le budget de la défense. Ainsi, il ne peut être tenu pour responsable, coresponsable ou même complice des désastres pouvant résulter de cette réduction du budget alloué à l’armée française.
Sur le plan de la justice par exemple, les régimes militaires post-conférence nationale, en particulier et surtout celui du CNSP, n’ont aucune leçon de bonne gouvernance à donner à la classe politique post-conférence nationale.
En effet, sur la question de la justice, au même titre que sous les régimes des politiciens post-conférence nationale, le CNSP s’est montré jusque-là incapable de faire exécuter des décisions de justice dont celle en faveur des jeunes douaniers admis et en faveur de la libération du général Salou Souleymane en prison pour des histoires de « coups d’État manqués ».
À l’heure où vous aviez livré votre discours, des prisonniers politiques, victimes des machinations et complots de certains acteurs de la classe politique post-conférence nationale dont Issoufou Mahamadou et Bazoum Mohamed pour ne citer qu’eux, étaient et sont encore gardés en prison par votre régime militaire à qui ils n’ont pourtant rien fait.
La corruption, la gabegie, l’impunité, le clientélisme, l’affairisme, la mauvaise gouvernance au Niger a été l’œuvre autant des régimes civils que militaires, sinon pire en régime militaire du CNSP sous lequel des ordonnances sont même prises pour consacrer et assumer l’opacité des procédures de passation des marchés même portant sur des objets ordinaires concernant certains ministères.
Pour faire court, les connexions de corruption entre la classe politique post-conférence nationale et l’élite militaire actuellement aux commandes ont même une fois débouché sur le meurtre d’un président de la République dans ce pays. En effet, n’est-ce pas les officiers de cette même armée qui ont été manipulés et corrompus pour assassiner l’intègre et respectable Général Ibrahim Baré Maïnassara, leur propre frère d’armes ?
Au moins eux, les acteurs de la classe politique post-conférence nationale ont toujours été capables de s’unir pour leurs intérêts, y compris souvent contre vous, vous utilisant les uns contre les autres pour parvenir à leurs fins comme c’était le cas avec le lâche assassinat de votre frère d’armes Baré Maïnassara.
Et souvent, quand ils ont le pouvoir, ils vous utilisent aussi les uns contre les autres, se basant sur la cupidité et l’amour du pouvoir de certains d’entre vous, pour vous auto-détruire, en vous faisant vous arrêter et vous coffrer pour des soupçons de tentatives de coups d’État ou de montages de tentatives de coups d’État parce que vous-mêmes refusez d’être des soldats républicains et de vous éloigner de la politique et des affaires politiques.
En votre discours M. le Général-Gouverneur, contrairement aux partisans de Issoufou ou de Bazoum qui vous attaquent injustement sur certains points, estimant que vous vous en êtes pris à leurs leaders respectifs, j’y ai vu un basculement dans une pente dangereuse pour notre pays, c’est à dire dans une concurrence et une compétition, disons un challenge déloyal entre acteurs politiques et militaires pour la conquête et la gestion du pouvoir d’État.
Déloyal parce que vous, vous avez les armes de la République en mains, et les civils non. Et c’est en fonction de la situation de chacun, civil ou militaire, que chacun est cantonné dans une tâche et que des moyens sont mis à sa disposition en conséquence, dans le cadre de la division du travail propre à toute société, nation ou pays.
Le pouvoir et les armes mon Généra-Gouverneur, tant que les secondes doivent servir à prendre le pouvoir et non à défendre la patrie et à protéger les institutions républicaines légitimement établies, ça devient très dangereux pour tous et c’est pourquoi, il faut éloigner le plus loin possible, les armes de la conquête du pouvoir d’État.
Enfin, il faut savoir qu’aussi longtemps que chacun ou chaque corps va refuser de rester dans son rôle se contentant de ses avantages et assumant ses inconvénients, le jouer pleinement et ce, conformément aux lois de la République, nous allons continuer à errer en tant que nation.
Je m’arrête là en vous offrant comme présent à lire M. le Général-Gouverneur, l’extrait de mon essai intitulé : Niger, mes convictions sur une nation égarée ; chapitre : De l’égoïsme des élites et l’ingratitude des parvenus.
Mes déférences mon Général !
Bonne lecture…
« A l’image des autres parvenus qui se sont
approprié leurs secteurs d’activités, les parvenus
politiques se sont approprié l’État, ils s’en servent
pour leurs propres intérêts, les intérêts de leurs
familles, amis et connaissances. Ils tentent d’en
faire un État dynastique.
C’est pourquoi, l’État ne sert plus le collectif
que faiblement car affecté désormais et
principalement au service des gouvernants, de
leurs familles, de leurs soutiens économiques et
militaires faisant de ce dernier, un réseau
relationnel d’oligarchies puissantes
notamment politiques, économiques, militaires et
professionnelles.
L’entente entre ces oligarchies de parvenus,
privatise l’État et l’empêche de jouer pleinement
son rôle car limité à ne jamais toucher les intérêts
privés des tenants du pouvoir et alliés qu’il sert
désormais et ce, même contre l’intérêt général.
Détourné et privatisé, l’État est devenu la chasse
gardée de diverses oligarchies et bourgeoisies
défendant des intérêts privés internes et externes.
C’est ainsi qu’opérateurs économiques,
militaires et hommes politiques se sont approprié
l’État et ont toujours contrôlé la politique au Niger.
Les premiers à la recherche effrénée de
l’argent, ne voient ni n’entendent républicaniser
leurs attitudes partagées entre inflation, fraude
fiscale au moyen de la corruption ou la
dissimulation des bénéfices ou chiffres d’affaires,
ne font qu’amasser sans jamais se soucier de
l’intérêt général ou de la solidarité nationale.
La plupart des opérateurs économiques
parviennent souvent à se dérober de leurs
obligations fiscales et à rafler des marchés
publics importants via des gouvernants politiques
dont ils ont financé les campagnes électorales.
Les militaires quant à eux, ayant du mal à
rester et demeurer dans leur rôle républicain par
méconnaissance de leurs vraies et nobles
responsabilités détournées par des officiers manipulés, cupides et amoureux du pouvoir,
interviennent dans le débat politique très souvent
pour satisfaire leur boulimie du pouvoir et leur
cupidité.
Ce qui rend notre armée, qualifiée de grande
muette, manipulable dans les mains des
politiciens, et pousse les gouvernants politiques
à la corrompre pour acheter leur relative
républicanité espérant échapper à d’éventuels
coupsd’États.
Voilà la connexion entre certains des
groupes de parvenus les plus puissants qui
contrôlent l’État à l’interne pour leurs intérêts privés.
A cela s’ajoute la grande corruption des
gouvernants politiques par des puissances
étrangères, des groupes d’intérêts privés
étrangers et des multinationales au détriment de
l’intérêt général, de nos attentes sociales et de
nos exigences démocratiques de bonne
gouvernance et de transparence ».
N.B : L’intégralité du texte est produit par mon cerveau et non par l’IA.
Nassirou Bodo acteur politique

