(Echos du Niger 27 janvier) Par arrêté du Préfet de N’guigmi, un couvre-feu de 22 à 05 heures du matin a été instaurer sur toute l’étendue du territoire du département à compter du 22 janvier 2025 et jusqu’à nouvelle ordre. Cette mesure vise, selon le Commandant Issaka Assoumane, à relever le niveau de sécurisation des personnes et de leurs biens dans cette zone, située dans la région de Diffa, dans l’extrême sud-est du pays. Depuis quelques temps, cette zone du Bassin du Lac Tchad fait face à une recrudescence des activités terroristes et criminelles menées par des membres et dissidents de Boko haram et de sa faction rivale l’ISWAP.
Selon l’arrêté daté du 22 janvier 2025 que lesechosdumonde.com a consulté, c’est sur proposition du Conseil départemental de sécurité (CDS) et au regard du contexte actuel que le couvre-feu a été instauré de 22h à 5h00 du matin sur toute l’étendue du territoire du département. Le couvre-feu entre en vigueur dès la date de la signature de l’arrêté et jusqu’à nouvel ordre et les piétons sont eux autorisés à circuler jusqu’à 22h30. « Tout contrevenant à cette mesure sera tenu seul et unique responsable de ce qui lui arrivera et assumera les conséquences de son acte, sans préjudice des poursuites judiciaires pour mise en danger de la vie d’autrui », a prévenu le Commandant Issaka Assoumane, le Préfet du département, dans son arrêté.
Recrudescence de l’insécurité
Depuis quelques temps, on assiste à une recrudescence des activités terroristes et criminelles dans cette zone située dans le bassin du Lac Tchad, dans la région de Diffa. Selon des habitants de la zone, les attaques, enlèvements avec demande de rançons, assassinats ciblés ainsi que des vols de bétails et des voitures ne cessent de se multiplier, semant de nouveau la psychose au sein des populations. « Des habitants des villages comme NJI TCHIMMA, FREWA ET NGALEWA ont quitté leurs sites pour se réfugier une autre fois à Kablewa en laissant derrière eux des champs cultivés à plusieurs dizaines des millions », se désolent un jeune de la commune qui se plaint du “laxisme des autorités” surtout sur les axes Nguigmi-Kablewa et Nguigmi-Bilabrine. “Plusieurs villages sont en train d’être vidés faute de sécurité car les menaces sont réelles et aucune solution n’a été proposée par les autorités malgré les alertes et le cri de cœur de la population”, ajoute un autre habitant dans un post sur Facebook qui trouve “inadmissible que la plupart de ces attaques surviennent aux alentours de la ville contre des commerçants et transporteurs sans aucune réaction des autorités et malgré la présence des FDS déployées dans la zone”.
Des cas d’attaques meurtrières qui ressemblent à des assassinats ciblés sont aussi signalés comme la semaine dernière où deux (02) personnes ont été tuées par des individus armés non identifiés à Baram Koura, sur le site des déplacés et réfugiés de Kablewa.
Les autorités semblent avoir pris la mesure du danger qui guette la zone qui fait face depuis 2015, aux agissements de la secte Boko Haram et de ses différentes factions, notamment la province de l’Etat islamique en Afrique de l’ouest (EIAO, ISWAP). Il faut dire que grâce à la mobilisation des forces de défense et de sécurité (FDS) notamment dans le cadre de la Force Mixte Multinationale (FMM), les menaces sécuritaires ont été contenu pendant un certain moment avant de ressurgir ces derniers mois. Et c’est justement pour juguler ces menaces que les autorités ont décidé d’agir en renforçant le dispositif sécuritaire et en prenant d’autres mesures comme l’instauration du couvre-feu même si cela va négativement impacter l’économie de la zone.
A.Y. Barma (lesechosduniger.com)


