PM Lamine Mamane Zeine

Économie: les revues et programmes du  FMI approuvés, le Zeine économique à son prime

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(Echos du Niger 24 janvier)Le Niger voit petit à petit le bout du tunnel sombre des conséquences politiques des évènements du 26 juillet 2023, du moins sur le plan économique. Le cabinet du Premier ministre a annoncé, dans un communiqué le mercredi 22 janvier 2025, l’approbation par le Conseil d’administration des revues et Programmes du Fonds Monétaire International (FMI) avec le Niger. Malgré le contexte politique et surtout socioéconomique difficile, les autorités  ont pu satisfaire aux exigences et critères de l’institution de Bretton Woods, ce qui ouvre la voie à la poursuite des programmes et surtout à des décaissements de fonds pour donner un n nouveau souffle à l’économie nationale qui fait face à de multiples défis structurels et conjoncturels. Principal enjeu, le décaissement d’un peu près de 50 millions de dollars par le FMI , ce qui constituera une véritable bouffée d’oxygène pour le Trésor public qui depuis plus d’un an joue sa résilience sur les marchés financiers. Par ce dénouement heureux, le PM Lamine Mahamane Zeine accomplit son bilan économique à la tête du gouvernement de transition mais surtout au ministère de l’économie et des finances, après la relance du service de la dette en janvier 2024 suivie de la reprise des activités de la banque mondiale au Niger après le coup d’Etat.

C’est une bonne nouvelle pour les autorités nigériennes et une véritable bouffée d’oxygène en vue pour l’économie nationale en ces temps de difficultés et d’incertitudes. Le Conseil d’administration du FMI a “massivement” approuvé les Revues et Programmes du Niger lors de sa session du mercredi 22 janvier 2025, a annoncé dans le communiqué,  publié le même jour par le Cabinet du Premier Ministre, Ministre de l’Économie et des Finances. « En cette heureuse circonstance, l’Administrateur et Chef de Mission du FMI pour le Niger, félicite le Premier Ministre et le Gouvernement, sous la haute conduite du Président du CNSP, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani pour cette belle performance », rapporte le communiqué dans lequel il est annoncé que le cabinet du Premier Ministre, Ministre de l’Économie et des Finances communiquera ultérieurement « sur les retombées pour le Niger de l’approbation de ces revues de programmes avec le FMI ». En attenant que le gouvernement se prononce sur les détails de ce nouvel accord et son impact sur l’économie nationale, c’est près de 50 millions de dollars que le Niger pourrait obtenir au titre des deux instruments de l’institution financière internationale, la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Avec bientôt des décaissements au moment où l’économie du pays a plus que jamais besoin.

Mission du FMI reçu par le PM en octobre 2024 DR

Du cash  pour lubrifier l’économie et opérer des réformes

L’approbation par le Conseil d’administration  fait suite à l’accord parvenu, début novembre dernier entre le FMI et le Niger au niveau des services sur la sixième revue de la facilité élargie de crédit, la seconde revue de la facilité de résilience et durabilité et les consultations de 2024. Une équipe du Fond dirigée par M. Antonio David a séjourné à Niamey où elle a tenu des réunions du 28 octobre au 9 novembre 2024 avec les principaux acteurs politiques et économiques du pays. C’est ainsi que la mission a rencontré M. Ali Mahaman Lamine Zeine, Premier Ministre, et Ministre de l’Économie et des Finances avant de tenir des séances de travail avec le Ministre délégué auprès du Premier Ministre, chargé des finances, M. Moumouni Boubacar Saidou, le Directeur National de la BCEAO, M. Maman Laouali Abdou Rafa, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires du Gouvernement, des représentants du secteur privé, de la société civile et des partenaires de développement.

A la fin de la mission, les services du FMI et les autorités nigériennes ont conclu un accord au niveau des services sur la sixième revue du programme économique du Niger au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et la deuxième revue au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) et ont mené les consultations de 2024 au titre de l’article IV de l’accord. Il ne restait plus alors que l’approbation du Conseil d’administration et entre temps, le gouvernement de transition a élaboré le projet de loi des finances pour l’exercice budgétaire 2025 qui a été promulguée par ordonnance du Président du CNSP et Chef de l’Etat , le Général de Brigade Abdourahmane Tiani, le 31 décembre 2024.

« Les autorités nigériennes et l’équipe du FMI ont conclu un accord au niveau des services sur la sixième revue du programme économique appuyé par la facilité élargie de crédit, sur la deuxième revue de l’accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité et ont mené les consultations de 2024 au titre de l’article IV. L’accord au niveau des services sera soumis à l’approbation de la Direction et du Conseil d’Administration du FMI. La réunion du Conseil est prévue en décembre 2024. L’achèvement de la revue de la FEC permettrait un décaissement à hauteur de 13,16 millions de DTS (environ 17,4 millions de dollars, soit 10 % de la quote-part du Niger) pour couvrir les besoins de financement extérieur du pays. De plus, l’achèvement de la deuxième revue de l’accord au titre de la FRD permettrait un décaissement additionnel de 25,66 millions de DTS (environ 34 millions de dollars, soit 19,5 % de la quote-part du Niger) », avait déclaré M. Antonio David, le chef de mission du FMI à l’issue de leur séjour à Niamey.

Antonio David, le chef de mission du FMI

Avec cette décision du FMI qui conforte le gouvernement dans ses orientations financières, économiques et budgétaires, l’économie nationale peut espérer retrouver un certain souffle malgré les contraintes nationales et internationales du moment. L’approbation du Conseil d’administration va immédiatement ouvrir la voie à des décaissements financiers destinés à accompagner la dynamique des réformes nécessaires. Une sorte de manne pour le Trésor publique avec près de 50 millions de dollars à attendre au titre de la FEC et de la FRD. Il faut dire qu’après les conséquences de l’effet des évènements du 26 juillet 2023 avec les sanctions économiques qui ont plombé son rythme de croissance, l’économie du pays est reparti sur une nouvelle dynamique en 2024 où les perspectives économiques ont  été assez favorables, selon les constats du FMI qui a estimé une croissance projetée à 8,8 % pour l’exercice qui vient de s’achever, soutenue par les exportations de pétrole, la levée des sanctions et une bonne saison agricole. Cependant, cette perspective positive est soumise à des risques de baisse, ont alerté les experts de l’institution financière internationale  qui ont appelé les autorités à poursuivre “les efforts continus pour simplifier le système fiscal et à adopter une stratégie de gestion des recettes pétrolières”. Des réformes essentielles pour “créer un espace budgétaire afin de répondre aux besoins de dépenses de développement”, a recommandé le FMI.

Des perspectives économiques favorables et des risques

Selon le FMI, malgré un contexte délicat tenant à certains facteurs tels que les conséquences humaines et matérielles des récentes inondations, des tensions de liquidité dans le secteur bancaire et des conditions de financements serrées ; une forte reprise de l’activité économique est attendue cette année. La croissance est projetée à 8,8 % en 2024, principalement portée par les exportations de pétrole, par une campagne agricole favorable et par la levée des sanctions. L’activité économique devrait rester dynamique l’année prochaine, la croissance atteignant 7,9 %, tandis que l’inflation devrait reculer à 3,7%. Néanmoins, les risques qui entourent ces perspectives sont orientés à la baisse. Ainsi, prévient le Fonds, une détérioration des conditions sécuritaires pourrait davantage peser sur l’activité économique, tandis que l’espace budgétaire pourrait se réduire si les conditions de financement régionales continuent à durcir. Parmi les autres risques extérieurs figurent la volatilité des cours des produits de base et les retombées économiques d’une escalade des conflits régionaux.

Selon les termes de l’accord, la facilité élargie de crédit (FEC) va viser à renforcer la stabilité macroéconomique et à jeter les bases d’une croissance résiliente, inclusive et tirée par le secteur privé. De son coté, le financement de la FRD soutiendra les efforts de réforme et d’investissement visant à faire face aux risques et aux défis croissants liés au changement climatique, renforçant ainsi la résilience et protégeant les moyens de subsistance.

Il faut ajouter qu’au cours des consultations pour cet accord, la mission du FMI s’est également entretenue avec les autorités sur les politiques macroéconomiques à mettre en œuvre pour renforcer la résilience du Niger. Les entretiens ont porté principalement sur l’utilisation efficace des ressources naturelles du pays, l’élargissement de l’espace budgétaire, la gestion des risques budgétaires, le renforcement de la contribution du secteur privé à la croissance, ainsi que l’amélioration de la transparence et des mesures de lutte contre la corruption. Autant de réformes sur lesquelles le gouvernement est attendue et qui sont pour l’essentiel prises en compte dans le Programme de Résilience pour la Sauvegarde de la Patrie (FRSP), la stratégie mise en œuvre depuis janvier 2024, pour répondre aux attentes des citoyens.

Aboubacar Yacouba Barma (www.lesechosduniger.com)

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