(Les Echos du Niger 18 mai) L’information a été donnée par l’Observatoire syrien des droits de l’homme. En effet, un millier de combattants syriens venus des régions sous contrôle turc seraient arrivés au Niger entre 2023 et le premier trimestre de l’année 2024. Alors que le pays du général Tiani tente d’écraser tous les groupes terroristes qui agissent dans la zone des trois frontières et dans le sud-est du pays, beaucoup d’experts se posent la question de savoir ce que font ces mercenaires sur le territoire nigérien.
Toujours selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ces mercenaires syriens sont embauchés par une société de conseil militaire privée turque. Ils seraient officiellement au Niger pour protéger des intérêts et des projets turcs. L’Observatoire syrien des droits de l’homme affirme qu’au moins neuf de ces mercenaires ont déjà perdu la vie sur le sol nigérien sans préciser les conditions dans lesquelles ils ont été tués.
Au niveau individuel, la principale raison qui pousse ces mercenaires à rallier le Niger est d’ordre économique. Ainsi, Omar, un parmi ces derniers présent depuis plusieurs mois au Niger, a déclaré que son salaire mensuel ne dépassait pas les 46 dollars lorsqu’il était en Syrie. « Ici au Niger, on nous paye 1.500 dollars, j’espère pouvoir abandonner le combat à mon retour et ouvrir un petit commerce » a-t-il indiqué selon des témoignages rapportés par l’Observatoires Syrien des Droits Humains.
Omar faisait partie initialement d’un groupe d’environ 200 combattants qui ont quitté le nord de la Syrie à la mi-août 2023 pour la Turquie. Le jeune homme et deux autres de ses compères auraient ensuite signé des contrats de six mois avec une société de conseil militaire privée turque du nom Sadat. Cette société protège des intérêts turcs, notamment des mines au Niger.
Selon les services de renseignement occidentaux, Sadat est considérée comme l’armée secrète de la Turquie pour ses opérations extérieures, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient notamment. Son Modus operandi le rapproche de l’ancienne milice russe Wagner qui est devenu aujourd’hui l’Africa corps. En 2020, un rapport du Département américain de la Défense affirmait que Sadat avait envoyé des équipes en Libye former des combattants syriens pour soutenir le gouvernement de Tripoli.
Les mercenaires turcs arrivent dans un premier temps à bord d’un avion militaire au Burkina Faso, d’où ils sont acheminés par la route vers le Niger. Omar a déclaré avoir d’abord été chargé de protéger une position proche d’une mine exploitée par une entreprise turque. D’autres de ses camarades ont été envoyés combattre le groupe armé Boko Haram ou chargés d’une mission à Lomé au Togo.
La présence de ces mercenaires est très discrète. Les combattants qui se sont enrôlés ou qui se sont rendus au Niger et qui ont décidé de se confier à l’AFP l’ont fait sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité. Le gouvernement de transition ne s’est pas pour le moment officiellement prononcé à ce sujet.
Mawulolo Ahlijah

