(Les Echos du Niger 30 mars) Le CNSP semble décidé à déboulonner tous les vestiges de la colonisation française ainsi que les établissements dédiés à la promotion de la culture française au Niger. Après la fermeture de l’ambassade et la dénonciation des accords sur le statut du centre culturel franco-nigérien, le CNSP vient d’annoncer la fermeture du lycée français « La Fontaine » et ceci dès la rentrée 2024.
Fondé dans les années 1960, l’établissement scolaire était destiné d’abord à fournir une éducation selon le programme éducatif français aux enfants de coopérants et aux expatriés (français) restés sur place au moment de l’indépendance. Elle finira par accueillir les enfants issues de l’élite économique et politique nigérienne.
La fermeture de ce lycée traduit la volonté du Niger de se débarrasser totalement de toute influence politique et culturelle française et de prendre en main son destin. Le CNSP qui a indiqué faire de l’éducation, l’un de ces chevaux de bataille, entend redéfinir les programmes d’éducation pour former la jeunesse aux valeurs de citoyenneté et de défense de la souveraineté qui lui sont chères.
Toutefois, dans la même lancée le pays entend faire la promotion des langues issue des pays vers lesquels le CNSP semble se tourner en l’occurrence la Russie. En fin de semaine dernière, l’Université Abdou Moumouni de Niamey temple du savoir par excellence a inauguré le premier centre d’apprentissage de la langue Russe au Niger. L’ouverture de ce centre vient souligner si besoin est la détermination des responsables du CNSP de se rapprocher davantage du Kremlin.
Du côté des autorités françaises, cette décision des autorités militaires nigériennes n’a pas été commentée. La prochaine étape de ce bras de fer entre Paris et Niamey serait probablement la fin du FCFA et l’adoption d’une nouvelle monnaie commune aux pays de l’AES. Dans les rues de Niamey, cette décision de rupture avec la France reçoit le soutien d’une grande partie de la population.
Mawulolo Ahlijah

