(Les Échos du Niger 22 nov.) Plus de 100 jours après l’instauration des sanctions économiques et financières par la Cedeao, le CNSP a décidé d’entamer une bataille juridique contre ce que beaucoup de nigériens considèrent comme une profonde injustice. L’organe chargé de la transition a demandé mardi au tribunal régional de l’Afrique de l’Ouest d’ordonner la levée des sanctions imposées au pays.
« Il n’y a aucun secteur de la société nigérienne qui n’a pas été affecté par ses sanctions » a déclaré le bâtonnier Mounkaila Yayé, l’un des avocats qui représentait le CNSP lors de l’audience à Abuja, la capitale nigériane. Depuis le 30 juillet, les pays voisins du Niger ont fermé leurs frontières avec celui-ci à l’exception du Mali et du Burkina-Faso et plus de 70 % de son électricité, fournie par le Nigeria, a été coupée plongeant le pays dans l’obscurité. Les avoirs du Niger dans les banques extérieures ont été gelés et des centaines de millions de dollars d’aide ont été retenus.
Ces sanctions sont les plus strictes jamais imposées par le bloc régional et donne l’impression que les dirigeants de la Cedeao entendent punir le Niger pour l’exemple. Lors de l’audience, les avocats du CNSP ont décrit largement la manière dont les sanctions nuisent au Niger « Les enfants ne peuvent pas retourner à l’école en raison du manque de fournitures. Les pharmacies manquent de fournitures. Les entreprises ferment leurs portes à cause de la hausse des coûts » ont-ils déclaré.
Mounkaila Yaye a accusé la Cedeao d’avoir puni les Nigériens d’une manière plus sévère qu’elle ne l’a fait dans d’autres pays en particulier en ce qui concerne les transactions financières. Le CNSP a demandé au tribunal d’assouplir les sanctions en attendant une décision finale. Mais les représentants légaux de la Cedeao ont protesté contre leur demande. François Kanga-Penond, l’avocat de la Cedeao, a fait valoir que le CNSP n’est pas reconnu selon le protocole de l’organisation communautaire et donc n’a pas le pouvoir d’intenter une telle affaire devant les tribunaux.
Le tribunal a été ajourné jusqu’au 7 décembre.
Mawulolo Ahlijah
