(Les Échos du Niger 7 oct.)Ce jeudi 05 octobre, soit deux semaines environ après l’annonce du retrait des troupes françaises du Niger par le président Emmanuel Macron, l’État-major des armées françaises a annoncé que le départ allait débuter durant la semaine en cours. Le haut commandement militaire français a précisé pour l’occasion que les militaires français allaient retourner en France et qu’il n’était pas question d’un redéploiement dans la région. Mais au soir du vendredi 6 octobre, aucun signe d’un rapide départ des troupes françaises n’est visible.
Et pour cause, les tensions sont encore vives entre le CNSP et l’ancienne puissance coloniale. Les autorités militaires qui ont pris le pouvoir le 26 juillet dernier continuent de soutenir que la France souhaite la déstabilisation du pays. Depuis la fin septembre, le Niger a interdit tout survol de son territoire par des avions appartenant à la France, qu’ils soient civils ou militaires. Le maintien de cette décision ne permet pas de songer à la mise en place d’un pont aérien. Les autorisations de l’ouverture des frontières nigériennes pour la mise en œuvre de convois terrestres n’est pas non plus acquis.
Pour l’État-major français, une sortie par le nord du Bénin afin de rejoindre le port de Cotonou par l’axe Niamey-Gaya est l’idéal. Mais le CNSP dit non pour le moment à cette option. Les relations se sont tendues entre le Niger et le Bénin depuis que le président Patrice Talon a décidé de se positionner en faveur d’une intervention militaire. En réponse à cette attitude, le CNSP a rompu il ya deux semaine environ les accords de coopération militaire avec ce voisin menaçant.
Le retrait par le Burkina Faso ou le Mali n’est pas non plus envisageable à cause des relations également compliquées que ces deux pays entretiennent avec la France. Reste donc l’option d’un retrait en passant par le Tchad qui abrite d’ailleurs l’état-major des forces françaises, puis d’une descente par le port de Douala au Cameroun. Mais Niamey est distant d’environ 17000 km de N’djamena ce qui rend la situation complexe.
En attendant, dans les rues de Niamey, les citoyens continuent de manifester pour le départ des forces françaises.
Youssouf Sériba

