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Lutte contre la malnutrition : À la découverte du système intégré de résilience Hamzari de l’USAID dans le département de Guidan Roumdji

Situées dans la région de Maradi, les communes de Guidan Roumdji, Guidan Sori et Chadakori bénéficient à travers 325 villages, dont ceux de Tambaraoua et Koumboula depuis 2018 du programme résilience Hamzari mis en œuvre par CARE/Niger avec le financement de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID). À Tambaraoua, Hamzari qui allie accès à l’eau, nutrition et gestion collaborative des ressources de la commune afin de prévenir les conflits a su apporter un changement notoire dans la vie des populations.

D’une population estimée à un peu plus de 1 434 habitants, le village Tambaraoua, situé dans la commune de Guidan Roumdji rompt depuis un an aujourd’hui avec la vulnérabilité grâce à l’intervention des activités de lutte contre l’insécurité alimentaire du projet Hamzari dans la région de Maradi. Cette transformation du quotidien des populations de Tambaraoua a débuté avec l’amélioration de l’accès à l’eau dans la commune dans le cadre de Hamzari. Il s’agit de l’installation en avril 2021 d’un Poste d’Eau Autonome (PEA) qui alimente depuis lors de manière permanente toute la population de Tambaraoua. Harouna Souley, chef de village de Tambaraoua, ne fait pas mystère de sa satisfaction « nous sommes très heureux de la réalisation de ce forage qui est venu solutionner les problèmes d’accès à l’eau auxquels nous étions confrontés. Avant ce forage par exemple, une femme pouvait passer plus de 2 à 3 H de temps au puits pour avoir de l’eau, aujourd’hui l’approvisionnement se fait en 5 minutes » a-t-il indiqué.

PEA réalisé par USAID Hamzari © Youssouf Sériba

Sans aucun doute, le baromètre de ce changement constitue les femmes qui s’occupent de l’hygiène et du soin des ménages. Barira Chaibou nous livre la teneur de ce changement qui apporte du bonheur dans les ménages « avant ce forage nous souffrons beaucoup pour avoir de l’eau du puits pour notre consommation, les travaux ménagers, et pour nos bétails. Il faut se réveiller à 3 H du matin pour marcher plusieurs kilomètres jusque dans les villages voisins pour avoir de l’eau » nous indique la jeune femme. « Depuis que nous avons l’eau du forage notre quotidien a radicalement changé, nous avons du temps pour nous reposer. Nous pouvons maintenant dormir jusqu’à 9 H car nous pouvons aller prendre de l’eau à n’importe quel moment de la journée pour nous et nos animaux » se satisfait Barira Chaibou. La réalisation de ce PEA à énergie solaire a été précédée d’une étude sur les eaux souterraines exécutée par USAID | TerresEauVie (mis en œuvre par Winrock International) en collaboration avec Hamzari sur toute le bassin versant du Goulbi’n Maradi afin d’évaluer le potentiel hydraulique souterrain ainsi que la qualité de l’eau et mettre en place des programmes de gestion des ressources en eau. « Cette étude a conclu que ce bassin n’est pas contaminé par des matériaux lourds à l’exception de quelques Escherichia coli et coliformes totaux qui sont gérables avec le traitement à l’hypochlorite de calcium» a fait savoir Hamissou Lawali Directeur départemental de l’Hydraulique.

point d’eau village de Tambaraoua ©Ys

Afin de garantir la pérennité de cette ressource centrale dans la vie des populations, la gestion de ce PEA placée sous la tutelle de l’Association des usagers du service public de l’eau (AUSPE) se fait selon la réglementation en vigueur en matière de gestion de l’eau en milieu. Tous les habitants du village ont accès à l’eau en raison de 25 francs pour 2 bidons de 25 litres. Selon Rabé Ado Chipkaou gestionnaire du PEA, « ce point d’eaux génère environ 12 millions FCFA de chiffres d’affaires/an ». Une part de ce fond est reversée à la collectivité pour appuyer le développement local, l’autre partie utilisée pour supporter les charges du délégataire et assurer le renouvellement et l’extension nous fait savoir Rabé Ado Chipkaou. L’accès à l’eau favorise aussi l’hygiène en milieu scolaire, de ce fait, le PEA de Tambaraoua a apporté une nette amélioration en matière de propreté à l’école primaire du village. Ainsi, selon Souleymane El Idi, « l’eau est un élément fondamental dans l’éducation des enfants. De ce fait, c’est pour nous un motif de réconfort que d’avoir ce point d’eau. En plus de l’alimentation, il permet d’assurer l’hygiène corporelle et vestimentaire des enfants » a-t-il indiqué.

Le Directeur de l’école primaire Tambaraoua ©Ys

Outre l’amélioration des conditions de vie et l’hygiène des ménages ce forage à redonner vie à l’activité agricole sur laquelle repose l’économie locale à travers les cultures maraîchères par les coopératives Mata Masu Dubara (MMD) de la zone.

Des communautés à l’abri des détresses en période de soudures…

Depuis le lancement du projet Hamzari à Tambaraoua, la période de soudure a cessé de rimer avec détresse des ménages. Pour cause, la disponibilité permanente de l’eau a redonné vie aux activités agricoles notamment les cultures de contre saisons. Ceci a permis la mise en place des jardins de cases nutritionnelles qui occupent une vingtaine de ménages qui se procurent des revenus grâce à la production et la transformation de produits maraîchers. En plus, la banque céréaliere (BC) du village, gérée par le réseau féminin Niya a été renforcée en stock par Hamzari pour assurer la sécurité alimentaire des ménages extrêmement vulnérables en période de soudure. Selon Hama Harouna responsable de la composante résilience Hamzari « cet appui en stock de mil d’environ 2 tonnes permet d’aider les ménages extrêmement vulnérables en période de soudure, période au cours de laquelle ces ménages en manque de nourriture s’adonnent à des activités de salariat agricole ce qui leur fait manquer du temps pour s’occuper de leurs propres parcelles de production » nous apprend Hama Harouna. Cette initiative devrait ainsi permettre de soustraire les ménages extrêmement vulnérables de l’escalade de vulnérabilité.

Des greniers ©Ys

Rakia Adamou, présidente du réseau Niyya, nous explique l’utilité et le fonctionnement de base de la BC. « Nous avons constitué ce stock de mil grâce à un appui financier de la Hamzari qui nous a permis d’acheter 20 sacs de mil (environ 1 800 kg) ajoutés à ce que nous avons pu mobiliser à notre niveau. Avant de procéder à la vente à prix modéré pour les ménages, nous nous référons au prix du marché pour déterminer un prix accessible aux ménages en fonction du stock disponible. Nous arrivons à couvrir les ménages du village et soutenir de fois des villages vision » indique Rakia Adamou. Ce succès de la BC de Tambaraoua a été possible grâce à l’engagement des femmes de la communauté à travers le groupement Niyya dont les membres ont été formés en ce sens et équipés de guide de la vente de céréales. Après un (1) an de mise en œuvre, le projet Hamzari a radicalement changé le quotidien des populations des localités d’intervention à l’image Tambaraoua. Cet impact du projet se matérialise entre autres par la réhabilitation du système d’alimentation en eau potable qui renforce l’accès à l’eau potable pour environ 1434 personnes, ainsi que le développement agricole.

Point d’eau ©Ys

Ces acquis sont renforcés et pérennisés par les appuis fournis par TerresEauVie en matière de sécurisation du site, de la mise en place d’un système de gestion fonctionnel et redevable envers les populations et grâce aux résultats de l’étude sur les eaux souterraines (de la commune de Guidan Roumdji qui sont devenus un acquis pour la collectivité dans la perspective de projets hydrauliques à venir.

Youssouf Sériba

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