(Échos du Niger 7 octobre 2026) Le ministère public a requis cinq ans de prison ferme et une amende de cinq millions de francs CFA contre l’avocat et activiste Me Lirwana Abdourahamane, lors de son procès tenu mardi 6 octobre devant le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey, statuant en matière de flagrant délit.
Ces réquisitions ne constituent pas une condamnation. La décision finale appartient au tribunal. Dans l’immédiat, aucune information officielle n’a été obtenue concernant les arguments développés par la défense ni la date retenue pour le prononcé du jugement.
Me Lirwana est poursuivi pour « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public », sur le fondement de l’article 31 de la législation nigérienne relative à la cybercriminalité. Les poursuites seraient liées à une publication diffusée le 12 septembre sur Facebook, dans laquelle l’avocat se serait exprimé sur la situation de l’armée nigérienne
Convoqué par la Direction de la police judiciaire, Me Lirwana s’y était présenté le 21 septembre, accompagné de ses conseils. Placé en garde à vue après son audition, il avait été présenté le lendemain au parquet, puis placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Niamey.
Dans sa rédaction actuelle, l’article 31 prévoit une peine de deux à cinq ans d’emprisonnement et une amende comprise entre deux et cinq millions de francs CFA pour la diffusion électronique de données susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte à la dignité humaine.
La procédure suscite des réactions parmi les organisations de défense des droits humains. La FIDH et l’OMCT considèrent la détention de l’avocat comme arbitraire et demandent sa libération, estimant que l’affaire soulève des préoccupations relatives à la liberté d’expression.
Les Échos du Niger
