(Echos du Niger 31 aout)À Dan Issa, dans le département de Madarounfa, la saison des pluies signifie aussi le retour d’une menace familière : le paludisme grave chez les enfants.Pour répondre à cette pression saisonnière, Médecins Sans Frontières (MSF), en appui au système de santé nigérien, a ouvert une unité pédiatrique spécialisée dans la prise en charge des enfants de 1 à 59 mois atteints de paludisme grave.
L’« Unité Palu » fonctionne pendant la période de forte transmission, généralement d’août à novembre. Sa capacité est passée de 20 lits lors de sa création en 2009 à 120 lits en 2026. Les chiffres de l’année dernière montrent l’ampleur du problème. En 2025, cette unité a admis 4 713 patients urgents et enregistré un taux de mortalité de 2,6 %. Au total, 1 575 transfusions ont été réalisées.
Le préfet de Madarounfa, chef de bataillon Djiberou Mahamadou, estime que la structure « sauve des vies en prenant en charge chaque année des milliers de patients ».
Pour MSF, la difficulté est liée au caractère saisonnier de l’épidémie. Joachim Biakenga, coordinateur du projet, rappelle que pendant la saison des pluies, « ce sont les tout-petits, nos enfants de moins de cinq ans, qui souffrent le plus ».

La situation est également transfrontalière. Dan Issa se trouve à proximité du Nigeria et accueille des familles venant chercher des soins au Niger. Le coordinateur de MSF souligne ainsi que « le paludisme ne connaît pas de frontières ».
Au-delà de l’hôpital, la prévention reste essentielle : moustiquaires imprégnées, lutte contre les gîtes larvaires, consultation rapide en cas de fièvre et accès précoce au diagnostic.La malnutrition complique également la situation. L’UNICEF estime que la malnutrition aiguë globale touche 11,1 % des enfants au Niger selon l’enquête SMART 2025, tandis que plus de 400 000 enfants pourraient souffrir d’émaciation sévère en 2026.
Le paludisme et la malnutrition peuvent ainsi se renforcer mutuellement, notamment chez les enfants les plus vulnérables.
À Dan Issa, l’augmentation de la capacité d’accueil est donc une réponse immédiate. Mais le véritable enjeu reste de réduire le nombre d’enfants arrivant à l’hôpital dans un état grave.Prévenir reste moins coûteux que sauver une vie au dernier moment.
Mariama Daouda–www.lesechosduniger.com

