Mil, sorgho, maïs : les raisons d’une baisse des prix en pleine période de soudure

Agriculture

(Echos du Niger 31 aout) La baisse des prix des céréales enregistrée sur les marchés nigériens constitue l’un des signaux économiques les plus intéressants de cette année particulièrement en cette fin de saison des pluies. Selon le Système d’information sur les marchés agricoles (SIMA), le mil et le sorgho ont reculé chacun de 1 % au cours de la semaine du 5 au 11 août 2026, tandis que le maïs a enregistré une baisse de 3 %.

Le mouvement est encore plus visible dans la comparaison annuelle. Le sac de mil de 100 kg, vendu entre 25 000 et 29 000 FCFA en 2025, se négociait entre 16 000 et 20 000 FCFA en 2026, selon les données du SIMA.

Le premier facteur de cette situation heureuse est l’amélioration progressive de l’offre par de facteurs conjoncturels. D’une part, l’ amélioration de la production nationale à travers de meilleurs semences et une pluviométrie abondante et d’autre part, la résilience des corridors d’approvisionnement extérieurs vis à vis de la prégnance des sanctions subit par notre pays en juillet 2023. Cette déflation devrait se poursuivre si la saison pluvieuse qui tir à sa fin, se cloture sous une note positive.

D’ores et déjà, à Falmey, dans la région de Dosso, les premières récoltes de mil ont déjà débuté. Au plan global, on note un taux national de couverture des semis de 97 % au début du mois d’août selon le bulletin décadaire du ministère de l’Agriculture . Par ailleurs, les premiers signes de grenaison du mil et de maturité du niébé sont également observés dans plusieurs zones.

Mais cette amélioration doit être interprétée avec prudence. Le Niger reste exposé aux pauses pluviométriques, aux ravageurs, aux inondations localisées et aux contraintes d’accès aux marchés. Diffa affichait notamment un retard important dans les semis.

La baisse des prix peut être favorable au consommateur, mais elle n’est pas automatiquement une bonne nouvelle pour le producteur. Si les cours chutent fortement au moment où les agriculteurs commencent à vendre, leurs revenus peuvent diminuer alors même que les coûts de production restent élevés. La vraie question est donc celle de la régulation du marché : comment garantir au consommateur des céréales accessibles sans décourager le producteur ?

Youssouf Seribawww.lesechosduniger.com

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