(Echos du Niger 11 aout) Au Mali, la refondation de l’État se joue aussi dans les tribunaux. Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a reçu lundi 10 août le rapport final du Forum national sur la Justice, organisé en octobre 2025. Un document qui compile 218 recommandations et doit désormais servir de feuille de route à une réforme présentée comme l’un des piliers de la transformation institutionnelle engagée par les autorités de transition.
Remis ce lundi au chef de l’État par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, le rapport constitue l’aboutissement d’un processus présenté comme participatif. Les travaux ont intégré les conclusions des états généraux des différents ordres professionnels, des concertations organisées dans les régions ainsi que celles du Forum national tenu à Bamako.
Sur le papier, le diagnostic est large. Les recommandations concernent notamment l’accès à la justice, la transformation numérique du secteur, la redevabilité, les ressources humaines et la formation. Autant de chantiers qui renvoient aux difficultés structurelles d’un appareil judiciaire confronté à des contraintes de moyens, de personnel et d’accès, dans un pays où l’État cherche parallèlement à renforcer son autorité sur l’ensemble du territoire.
Pour Mamoudou Kassogué, la mise en œuvre des recommandations doit permettre à la justice malienne de « renforcer sa montée en puissance » et d’être davantage à la hauteur de sa mission. Le ministre a également insisté sur la nécessité de consolider les réformes déjà engagées, présentées par les autorités comme des acquis de la période de transition.
Pour Assimi Goïta, l’enjeu dépasse toutefois la seule modernisation administrative des juridictions. En accueillant favorablement le rapport, le président de la Transition a réaffirmé son soutien à la poursuite des réformes et assigné à la justice une fonction centrale dans la construction du nouvel État malien.
Le terme de « sentinelle », employé pour qualifier cette mission, n’est pas anodin. Dans le discours officiel, la justice doit garantir les droits, accompagner la refondation institutionnelle et contribuer à restaurer la confiance dans les institutions.
Reste désormais l’épreuve de la mise en œuvre. Car avec 218 recommandations, le défi ne sera plus de dresser la liste des réformes à entreprendre, mais de déterminer lesquelles seront prioritaires, selon quel calendrier et avec quels moyens.
Pour le pouvoir malien, le rapport ouvre ainsi une nouvelle séquence : celle du passage des consultations aux actes. La crédibilité de la réforme judiciaire se mesurera moins au nombre de recommandations formulées qu’à leur traduction concrète dans le quotidien des justiciables.
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