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Niger: un dialogue pour apaiser les conflits agro-pastoraux

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(Échos du Niger 5 août À mesure que les ressources naturelles se raréfient au Sahel, les conflits entre agriculteurs et éleveurs gagnent en intensité. Dans plusieurs localités du Niger, où l’agriculture et l’élevage constituent les principaux moyens de subsistance, ces tensions mettent régulièrement à l’épreuve la cohésion sociale. C’est dans ce contexte que la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP) a réuni, mercredi 5 août, autorités administratives, chefs traditionnels et leaders communautaires à Tibiri-Gobir, dans la région de Maradi. Loin d’une simple cérémonie protocolaire, cette rencontre se voulait un espace d’écoute et de recherche de solutions face à une problématique devenue un véritable enjeu de sécurité et de développement.

Autour du président de la HACP, le Général de Brigade Amadou Diddili, avaient notamment pris place le gouverneur de Maradi, le Contrôleur général de police Issoufou Mamane, le Sultan du Gobir-Maradi, Abdou Bala Marafa, ainsi que plusieurs responsables locaux. Les échanges ont porté sur les causes profondes des affrontements récurrents entre usagers des ressources partagées.

L’extension des terres agricoles, la réduction des espaces pastoraux, les effets du changement climatique et la pression démographique alimentent une compétition de plus en plus vive autour de la terre, de l’eau et des pâturages. Dans son allocution, le gouverneur Issoufou Mamane a inscrit cette initiative dans la dynamique impulsée par le Président de la République après son récent déplacement dans la région.

Il a invité les participants à « faire l’état des lieux des mécanismes existants dans la prévention et la gestion non violente des conflits ruraux et, surtout, d’identifier les pistes de solutions durables », afin de consolider la cohésion sociale et de préserver le vivre-ensemble.Pour la HACP, la réponse ne peut être uniquement sécuritaire. « Nous évoluons dans un environnement sahélien complexe, marqué par l’insécurité, le déplacement forcé de populations, les pressions sur les ressources naturelles et les tensions intercommunautaires. Ces défis nous rappellent que la paix est fragile », a souligné le Général Amadou Diddili. Avant de rappeler une évidence souvent éclipsée par les crises : « Les usagers des ressources partagées ne sont pas des ennemis. Ils sont complémentaires. »Deux panels d’experts ont alimenté les débats autour des mécanismes de prévention des conflits et des solutions durables adaptées au contexte sahélien. L’objectif est de renforcer les dispositifs traditionnels de médiation tout en les articulant avec les politiques publiques de consolidation de la paix.

À Tibiri-Gobir, le message est clair : face à la raréfaction des ressources et aux tensions qu’elle provoque, la concertation demeure le meilleur rempart contre l’escalade des violences. Pour les autorités comme pour les communautés, préserver la paix passe désormais par une meilleure organisation de l’accès aux ressources naturelles et par le respect des règles établies collectivement.

http://www.lesechosduniger.com

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