(Les Echos du Niger 3 avril) Il est connu de tous que la relation entre éleveurs et agriculteurs au Niger est des plus conflictuelles et se traduit souvent en des violences avec des pertes en vies humaines. Dans le département de Mayahi cette situation est à l’origine de tentions communautaires auxquelles l’Etat doit remédier pour la consolidation de la cohésion sociale.
Dans le village de Nakiya situé à une vingtaine de kilomètre de Mayahi dans la région de Maradi, Ali Gondi a vu les saisons hivernales se succéder les unes aux autres, chacune avec sa particularité. Cependant les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont devenus une constante qui a toujours caractérisé les activités saisonnières des champs indique le patriarche de 83 ans. En effet, en raison de l’ensemble des désagréments causés à leur récolte du fait de l’intrusion des pâturages dans leurs champs, les agriculteurs se trouvent toujours dans une position défensive face aux éleveurs. Une situation toutefois dénoncée par les victimes mais qui malheureusement demeure toujours non résolue de façon durable.
Au micro des Echos du Niger, Monsieur Ali Gondi un des grands producteurs agricoles du village de Nakiya témoigne:
« La principale menace est due au fait que le bétail pénètre souvent dans les champs à notre insu et très souvent avant même d’y être avisé les animaux provoquent des dégâts considérables dans les champs ce qui affecte la récolte. Et pire, parfois ce que parfois en lieu et place des médiations en vue du dédommagement de la victime l’on assiste à des rixes qui génèrent d’autres dégâts parfois au détriment de la vie humaine » explique Ali Gondi.

Il existe pourtant des organisations et personnalités chargées de faire la médiation afin de prévenir ces conflits communautaires. Il s’agit entre autres de la plateforme paysane, les chefs coutumiers et les tribunaux.
L’une des pistes de solutions au problème pourrait être la sensibilisation des différents acteurs par rapport à leurs responsabilités. « Il faudrait aussi augmenter le temps accordé aux agriculteurs pour libérer les champs après les récoltes souvent nous n’avons pas assez de main d’œuvres pour aller vite » crois savoir le paysan.
En somme, la relation entre éleveurs et agriculteurs est loin d’être d’ordre pacifique en raison des désaccords qui s’opèrent entre eux. Un problème qui nécessite une solution adéquate car l’agriculture ainsi que l’élevage restent deux domaines contribuant considérablement à l’économie du pays et qui emploie plus de 80% de la population selon l’institut national de la statistique INS.
Dan Zaki Zeinabou (stagiaire)

