(Echos du Niger 14 janvier)Trois (03) personnes ont été tués et plusieurs autres blessés lors d’un affrontement entre agriculteurs et éleveurs, dimanche après-midi, à Amourzouk, dans le département de Tanout, région de Zinder. Au rang des victimes, le chef du village dudit village du Damergou, où les conflits communautaires commencent à prendre une ampleur inquiétante. Ce tragique évènement n’est pas, en effet, c le premier du genre dans cette zone agrosylvopastorale, en dépit des campagnes de sensibilisation des autorités, et des menaces de représailles viennent amplifier les tensions déjà palpables entre les deux communautés, à l’approche de la date butoir pour la libération des champs, fixée au 31 janvier prochain
C’est un dimanche noir qu’ont vécut les populations du village d’Amourzouk, une bourgade relevant de la commune urbaine de Tanout, dans la région de Zinder. Dans l’après-midi, un véritable drame a secoué la tranquillité des populations qui vaquaient à leurs occupations quotidiennes. Un conflit entre agriculteurs et éleveurs a dégénéré en une violente bagarre entre les deux communautés qui se sont affrontés à coups d’armes blanches notamment des flèches et des machettes.
Selon des témoins, tout est partie d’une descente précoce de quelques éleveurs dans la zone alors que les producteurs n’ont pas fini de travailler leur champ et surtout que la date butoir de libération des champs, fixée au 31 janiver prochain, n’est pas encore arrivée. Une descente précoce es éleveurs qui n’a pas été apprecié par les agriculteurs de la zone qui se sont opposés à laisser les animaux saccagés leurs champs. C’est en essayant de s’interposer entre les deux communautés en conflit que le chef du village d’Amourzouk fut mortellement atteint par une flèche. Dans le même temps, plusieurs autres protagonistes ont été touchés dont un habitant du village qui a été tué sur le champ et un autre éleveur qui a succombé à ses blessures au cours de son évacuation à l’Hôpital national de Zinder (HNZ).

Les Forces de défense et de sécurité (FDS) ont aussitôt été dépêchés sur les lieux du tragique évènement et plusieurs personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête qui a été ouverte. Les victimes ont été enterrées dans la même journée du dimanche 12 janvier et ce lundi, les autorités se sont rendus sur les lieux pour apaiser les tensions alors que des appels à la vengeance ainsi qu’à des regroupements commençaient à circuler à travers notamment des groupes Whats’up et autres plateformes.
Il y a quelque jour, un autre conflit entre les agriculteurs et les éleveurs a éclaté dans un village de la commune rurale de Kagna Wamé, dans le département de Damagaram Takaya, avec des blessés à l’arme blanche dont certains grièvement.
Tensions communautaires à l’approche de la libération des champs
Pour l’heure, le calme semble revenu dans la zone mais la psychose reste entière à l’approche de la date butoir de la libération des champs alors que, selon plusieurs sources, les travaux champêtres sont loin d’être finis en raison de la situation exceptionnelle de l’hivernage de cette année qui a prolongée la période des récoltes.
« Ce conflit était prévisible et pouvait être éviter si les dates de libération des champs telles que décidées lors du forum tenu à Tanout avaient été repoussées par les autorités régionales« , a estimé un membre de la plate-forme paysanne en référence au Forum de Tanout, chef lieu du département, qui s’est tenu il y a quelques semaines pour décider de la date de la libération des champs. Une rencontre qui a regroupé autour des autorités régionales, départementales et coutumières, les représentants des paysans et c’est à contre-cœur que les agriculteurs ont consenti à respecter la date du 31 janvier 2025 comme arrêté par les autorités. Malgré cette situation, des éleveurs ont commencé à investir les champs agricoles, amplifiant les risques de conflits communautaires.

Selon Ibrahim Moutari, acteur de la société civile, “les autorités au plus haut sommet doivent réagir pour contrecarrer cette descente précoce afin prévenir les conflits meurtriers entre agropasteurs et pasteurs dans les zones où les agriculteurs n’ont pas encore fini les travaux. Sinon, le risque de la survenue d’un autre conflit toujours dans la même zone n’est pas exclut du fait la présence remarquée de plusieurs troupeaux qui ont d’ores et déjà amorcé leur descente”. Il faut dire que plusieurs tentatives ont été faites auprès des autorités pour repousser la date de libération des champs, mais se sont avérés vaines.
Dans le Damergou, jadis grenier du Niger, et véritable zone agrosylvopastorale par excellence, les tensions restent vivent au regard du contexte actuel d’autant que dans certaines zones, des cultures comme le haricot ne sont pas encore arrivée à maturité. Et la pression des éleveurs, dont certains sont des étrangers, se fait de plus en plus grandissante avant même l’approche de l’échéance fixée pour la libération des champs. Afin de parer à toute éventualité, les autorités intensifient les campagnes de sensibilisation avec l’appui des organisations paysannes ainsi que des partenaires afin que le risque du retour des tristes conflits champêtres qui ont, par le passé, endeuillés bien des familles nigériennes et entaché la cohésion sociale, soit enrayer à jamais.
A.Y. Barma (lesechosduniger.com)

