(Echos du Niger 10 août) Dans un communiqué diffusé samedi 09 août 2025 et portant la signature de son secrétaire général, Alain ADIKAN, l’Union des Syndicats des Travailleurs du Niger (USTN) a exprimé sa “profonde indignation” suite à décision des autorités de dissoudre les syndicats du secteur de la justice, à travers des arrêtés pris, 07 août dernier, par le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire. Pour la première née des centrales syndicales du pays, ces décisions constituent “une atteinte grave aux droits et libertés fondamentales des travailleurs” et s’inscrivent “en violation flagrante des engagements nationaux et internationaux” du Niger en matière de liberté syndicale. Par conséquent, elle a demandé le retrait immédiat des arrêtés pris à cet effet, jugés “illégaux” et qui “ne reposent sur aucun texte juridique”, tout en appelant les syndicats à se mobiliser pour stopper “la dérive autoritaire” en cours.
C’est la première réaction officielle qui a suivi la décision des autorités nigériennes de la Refondation de dissoudre l’ensemble des syndicats du secteur de la Justice. Avant même la réaction qui se fait encore attendre des principaux syndicats concernés notamment le puissant Syndicat Autonome des Magistrats du Niger (SAMAN), l’Union des Syndicats des Travailleurs du Niger (USTN), a tenu a exprimé “sa profonde indignation” suite aux différents arrêtés pris par le ministère de l’Intérieur, le jeudi 07 août 2025.
Pour la centrale syndicale, ces décisions qui constituent “une atteinte grave aux droits fondamentaux des travailleurs” et sont “en violation flagrante des engagements nationaux et internationaux” du Niger en matière de liberté syndicale, sont “ nuls et de nul effet”. Et de mettre en avant le fait que l’ordonnance n°84-06 du 1er mars 1984 relative au régime des associations évoqué par le ministre de l’Intérieur ne concerne pas les syndicats qui ont leur propre cadre juridique.
Aussi, l’USTN se réfère également aux dispositions de la Charte nationale de la Refondation, la loi n°2012-45 du 25 septembre 2012 portant Code du travail, ainsi que les conventions n°87 et n°98 de l’Organisation internationale du travail (OIT), toutes ratifiées par le Niger, pour contester la légalité des décisions prises par les autorités.
Une dérive autoritaire à stopper selon l’USTN…
Dans son communiqué, l’USTN n’a pas manqué de mettre en garde contre les “conséquences graves de cette décision illégale” qui porte “un coup dur au dialogue social, à la paix civile et à la justice sociale”.
C’est pourquoi, l’USTN exige le retrait “pur et simple” des arrêtés pris par le ministère de l’Intérieur et appelle les syndicats nationaux et internationaux à se mobiliser pour “arrêter cette dérive autoritaire”.
Pour rappel, à travers une série d’arrêtés signés jeudi 07 août 2025, le ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire (MISPAT), a acté la dissolution de tous les Syndicats du secteur de la Justice. Il s’agit notamment du Syndicat autonome des magistrats (SAMAN), du Syndicat des cadres et agents du ministère de la Justice (SYNCAT), de l’Union autonome des magistrats du Niger (UMAN) et du Syndicat national des agents de la justice (SNAJ).
Dans un point de presse qu’il a animé au lendemain de cette décision, le ministre de la Justice, Alio Daouda, a reproché à ces organisations des “conflits permanents” qui impactent le service public mais également des “revendications irréalistes” et un “éloignement de leur mission”. Les autorités reprochent également aux dits syndicats, de favoriser une “lenteur excessive” dans le traitement des dossiers.

