(Echos du Niger 16 juillet) Le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’armée Abdourahamane Tiani, a signé, lundi 14 juillet 2025, une ordonnance portant rectification de la loi de finances adoptée le 31 décembre 2024 pour l’exercice budgétaire 2025. Selon un communiqué du Secrétaire général du gouvernement (SGG), le budget général de l’État, initialement arrêté à 3 033,33 milliards de francs CFA en recettes et en dépenses, est désormais révisé à 2 749,55 milliards de francs CFA soit une diminution de 283,77 milliards représentant une baisse de 9,36 %. Une coupe qui tient compte de plusieurs facteurs notamment les défis sécuritaires, les dépenses supplémentaires ainsi que les engagements avec les partenaires techniques et financiers selon le gouvernement.
C’est la première loi rectificative des finances de l’année qui intervient à mi-chemin de l’exécution de la loi des finances en cours. Après six (06) mois, le gouvernement a décidé de revoir à la baisse le budget 2025 comme adopté par l’ordonnance signée lundi 14 juillet 2025 par le Chef de l’Etat et portant loi des finances rectificative.
Selon le Communiqué publié à cet effet par le Secrétariat Général du Gouvernement, le budget général de l’État, au titre de l’année 2025, consacré par l’ordonnance n° 2024-59 du 31 décembre 2024, portant loi de finances pour l’année budgétaire 2025, a été arrêté initialement en recettes et en dépenses à un montant de 3 033,33 milliards de francs CFA. Cependant, poursuit la même source, “plusieurs facteurs ont impacté sa mise en œuvre dont l’évolution de la situation sécuritaire, la nécessité de prendre en charge certains besoins supplémentaires, la nouvelle configuration du Gouvernement intervenue le 17 avril 2025, la mise en place du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) et la mise en œuvre du programme économique convenu avec les partenaires”. La modification de cette ordonnance est, par conséquent, rendue nécessaire pour prendre en compte les facteurs ci-dessus énumérés et elle est faite en conformité avec les dispositions des articles 5, 47 et 48 de la loi n° 2012-09 du 26 mars 2012, portant loi organique relative aux lois de finances.
Ainsi,est-il annoncé, le budget général de l’Etat révisé est équilibré, en recettes et en dépenses, à 2 749,55 milliards, soit une baisse de 283,77 milliards correspondant à – 9,36%. Et le gouvernement de préciser que “la rectification de l’ordonnance de décembre 2024, portant loi de finances est cohérente avec les engagements pris par le Gouvernement dans le cadre de la 6ème et 7ème revue du programme soutenu par la Facilité Élargie de Crédit (FEC) et la Facilité pour la Résilience et le Développement (FRD) du Fonds Monétaire International”.
Contexte économique et financier assez difficile…
Cette révision à la baisse du budget 2025 s’inscrit dans un contexte économique et financier assez difficile pour le pays. Les coupes des aides budgétaires des principaux partenaires financiers depuis le coup d’état du 26 juillet 2023 et l’avènement du CNSP au pouvoir, les conséquences persistantes des sanctions régionales ainsi que les défis liés à la prise en charge des dépenses prioritaires comme celles consacrées à la lutte contre l’insécurité ont beaucoup fragilisé les ressources du Trésor. A cela s’ajoutent les difficultés de mobilisation des ressources externes notamment les sorties du Trésor sur le marché régional.
En dépit des chiffres prometteurs d’une croissance assez soutenue que met en avant le FMI ou la Banque mondiale, la crise financière pèse beaucoup sur le quotidien des populations et des autres économiques notamment ceux qui bénéficient de la commande publique. Alors que le pays doit faire face à des échéances de remboursements de la dette et de ses services qui pèsent lourd sur le budget, les autorités doivent aussi faire face à des charges supplémentaires que ne permettent pas d’atténuer la mobilisation des ressources internes. La situation devient de plus en plus préoccupante car en plus de la cherté de la vie, les travailleurs et autres agents de l’Etat commence à s’inquiéter des retards accusés ces derniers mois dans le paiement des salaires, des pensions et autres pécules.
Dans un communiqué ce mardi 15 juillet 2025, la Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger (CDTN) a exprimé son inquiétude face aux retards dans le paiement des salaires des mois de mai et juin 2025. Pour la centrale syndicale, cette situation est des plus préoccupantes dans un contexte de cherté de vie qui affecte les travailleurs avant d’interpeller le gouvernement à garantir le paiement des salaires, pensions et autres pécules afin de “garantir la paix sociale”. Elle a saisi l’occasion pour prendre l’opinion nationale à témoin de cette situation avant d’assurer qu’elle ne tolérera aucun autre retard au regard des difficultés auxquelles les travailleurs sont actuellement confrontés.
Les Echos du Niger

