(Echos du Niger 16 juillet) Dans un communiqué ce mardi 15 juillet 2025, la Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger (CDTN) a exprimé son inquiétude face aux retards dans le paiement des salaires des mois de mai et juin 2025. Pour la centrale syndicale, cette situation est des plus préoccupantes dans un contexte de cherté de vie qui affecte les travailleurs avant d’interpeller le gouvernement à garantir le paiement des salaires, pensions et autres pécules afin de “garantir la paix sociale”. Elle a saisi l’occasion pour prendre l’opinion nationale à témoin de cette situation avant d’assurer qu’elle ne tolérera aucun autre retard au regard des difficultés auxquelles les travailleurs sont actuellement confrontés.
Dans le communiqué publié à l’issue d’une réunion de son bureau exécutif national (BEN/CDTN), la Centrale syndicale dit avoir constaté “avec amertume”, le retard dans le paiement des salaires aussi bien du mois de mai que de juin 2025. “Le BEN/CDTN rappelle au gouvernement que le contexte marqué par la vie chère dans lequel se trouvent les travailleurs nigériens en général et les agents de l’Etat en particulier, ne permet pas de supporter des retards dans le paiement des salaires”. Et la CDTN de demander au gouvernement de tout mettre en œuvre pour payer les salaires, les pensions et les pécules à terme échu afin de “garantir la paix sociale”.
En tout état de cause, poursuit le communiqué signé par le SG Issaka Djibrilla, le Bureau national de la CDTN dit prendre l’opinion nationale à témoin et a tenu à informer par la même occasion le gouvernement, “qu’il ne tolérera pas un retard dans le paiement des salaires compte tenu de la situation déjà très difficile dans laquelle végètent les travailleurs d’une manière générale”.
Contexte économique et financier difficile…
Cette sortie médiatique de la CDTN a le mérite de mettre au devant de l’actualité nationale une situation assez préoccupante pour les travailleurs nigériens dans un contexte marqué par des difficultés financières auxquelles fait face le gouvernement. Après plusieurs jours de retard constatés les précédents mois, à la date du 15 juillet 2025, certains travailleurs n’ont toujours pas perçu leurs salaires logés dans certaines institutions financières et banques de la place. Les contractuels de l’Etat, notamment de l’Éducation et de la Santé, végètent également dans la même situation. De quoi alerter sur les prochains mois d’autant plus que depuis l’avènement du CNSP au pouvoir, le Premier ministre et Ministre de l’Économie et des Finances, Ali Mahamane lamine Zeine, a fait du paiement régulier des salaires, une des priorités du gouvernement.
C’est le cas de la dire, malgré les chiffres assez reluisants sur la croissance du PIB de la Banque mondiale et du FMI, le Niger traverse actuellement une crise économique et financière assez critique auquel est venue se greffer une inflation des prix notamment des produits alimentaires. Cette situation a d’ailleurs poussé le gouvernement à revoir à la baisse, le budget prévu pour l’exercice 2025. Selon une ordonnance signée le lundi 14 juillet par le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’armée Abdourahamane Tiani, la loi de finances adoptée le 31 décembre 2024 pour l’exercice budgétaire 2025 a été modifiée avec une réduction de 283,77 milliards de francs CFA. Le budget général de l’État, initialement arrêté à 3 033,33 milliards de francs CFA en recettes et en dépenses, a été désormais révisé à 2 749,55 milliards de francs CFA soit une diminution de 283,77 milliards représentant une baisse de 9,36 %.
Dans un communiqué, le Secrétariat général du gouvernement a expliqué que plusieurs facteurs ont conduit à cette révision, notamment la dégradation du contexte sécuritaire, la nécessité de répondre à des dépenses supplémentaires, la formation d’un nouveau gouvernement en avril dernier, ainsi que l’installation du Conseil consultatif de la refondation. Le communiqué mentionne également l’ajustement du budget en vue de la mise en œuvre du programme économique conclu avec les partenaires techniques et financiers notamment le FMI.
