(Echos du Niger 3 juillet 2025) La saison hivernale s’est installée de plein pied au Niger, c’est le moins qu’on puisse dire. Des précipitations particulièrement violentes enregistrées le lundi 30 juin à travers plusieurs régions du pays ont provoqué des pertes en vies humaines dans l’effondrement d’habitations et des dégâts matériels considérables. Un premier bilan, communiqué par la Direction de la protection civile et relayé par le Centre Opérationnel de Veille, d’Alerte et de Conduite de Crise (COVACC) le mercredi 2 juillet, fait état de quatre personnes décessées, de 43 têtes de bétail perdues et d’importants dommages aux infrastructures.
Les zones les plus touchées incluent les régions de Diffa, Dosso, Niamey, Tillabéri et Zinder, où vents violents, foudre et pluies diluviennes ont fragilisé les habitations précaires et mis à rude épreuve les capacités d’intervention d’urgence. Et le pire pourrait être à venir : les services météorologiques annoncent de nouvelles fortes précipitations dans les jours à venir sur l’ensemble du territoire national.
Face à cette situation, le ministère de l’Intérieur, par le biais du COVACC, appelle la population à la plus grande prudence. Il est recommandé d’éviter les zones inondables, de ne pas occuper les logements fragilisés, de s’abstenir de se réfugier sous les arbres ou d’obstruer les voies d’évacuation d’eau. Le Centre insiste également sur la nécessité de suspendre tout chantier de construction en période de pluie et d’adopter une conduite modérée lors des déplacements.
Derrière ces consignes, c’est toute la question de la vulnérabilité structurelle de nos villes et villages qui se pose. L’urbanisation galopante, l’absence de plans de drainage efficaces, le défaut d’entretien des ouvrages hydrauliques et la précarité de nombreux logements sont autant de facteurs qui transforment chaque saison pluvieuse en cauchemar récurrent pour les populations.
Ce nouvel épisode illustre une fois encore l’urgence d’une politique plus rigoureuse d’aménagement du territoire et de prévention des risques climatiques. En attendant, les autorités appellent les citoyens à composer le 18 en cas de danger imminent et à suivre scrupuleusement les consignes émises afin de minimiser les dégâts et les sinistres.
Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

