Kémi Séba interpellé en Afrique du Sud : l’activiste sous le coup d’une extradition

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C’est l’information qui a fait le buzz cette semaine sur les réseaux sociaux africains. Stellio Gilles Robert Capo Chichi plus connu sous le nom de KEMI SEBA, le leader de l’ONG Urgences Panafricanistes, a été interpellé le mercredi 15 avril à Pretoria, en Afrique du Sud. Selon la Police sud-africaine, l’activiste panafricaniste qui a été interpellé en compagnie de son fils et d’un passeur alors qu’ils tentaient un passager clandestin vers le Zimbabwe, a déjà été présenté à un Tribunal de la capitale sud-africaine et son affaire a été mis en examen pour le 20 avril prochain. La justice du pays de Mandela va donc se prononcer sur le cas de Kémi Séba, qui risque une extradition vers son pays d’origine, le Bénin, où il est recherché pour des faits d’atteinte à la sécurité de l’Etat.

C’est une affaire privée qui tombe au mauvais moment et de la plus mauvaise des manières pour Kémi Séba !  L’activiste panafricaniste Kemi Seba a été arrêté en Afrique du Sud, où une procédure d’extradition est actuellement en cours, selon la police locale.

Visé par un mandat d’arrêt international émis par les autorités béninoises pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État », il est accusé d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre.

Interpellation pour tentative d’émigration illégale d’un fugitif recherché par Interpol

Dans un communiqué jeudi, la Police Sud-africaine a donné sa version des faits.  Le 15 avril 2026, Stellio Gilles Robert Capo Chichi (45 ans), Khonsou Seba Capo Chichi (18 ans) et François van der Merwe ont comparu brièvement devant le tribunal de première instance de Brooklyn, un quartier situé à Pretoria, la capitale administrative du pays. « Cette comparution fait suite à leur arrestation le 13 avril 2026 lors d’une opération menée par les services de renseignement à Brooklyn. L’intervention a été réalisée par l’unité des Crimes contre l’État (CATS) de la Direction des enquêtes sur les crimes prioritaires (Hawks), avec l’appui de la section de gestion des opérations tactiques des Hawks et de l’unité de contre-terrorisme du renseignement criminel », a indiqué la même source qui a précisé que les trois individus sont soupçonnés d’être impliqués dans « la facilitation d’un passage clandestin vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo ».

Selon les détails donnés par les services sud-africains, le père, le fils et leur facilitateur ont été appréhendés lors d’une opération d’infiltration (« Sting operation ») dans un centre commercial de Pretoria. Et selon les informations recueillies par la même source, le facilitateur aurait reçu environ 250 000 rands pour aider le père et le fils à traverser la frontière vers le Zimbabwe, avec l’intention finale de rejoindre l’Europe. Lors de l’arrestation, a-t-il été également indiqué, les forces de l’ordre ont confisqué des téléphones portables ainsi qu’une somme d’environ 318 000 rands en espèces.

Selon la Police sud-africaine, les enquêtes préliminaires révèlent que Stellio Gilles Robert Capo Chichi est un « fugitif recherché ». Et de citer des poursuites au Bénin, où l’unité des Hawks, avec l’assistance d’Interpol, ont confirmé qu’il est activement recherché pour des « crimes contre l’État ». En France, aussi, il est également lié à des « activités criminelles similaires » dans ce pays, d’après la même source

Selon les services sud-africains, le dossier a été reporté au 20 avril 2026. Dans l’attente de cette date, « les accusés ont été maintenus en détention ».

« Des procédures d’extradition sont d’ores et déjà en cours pour répondre aux mandats d’arrêt internationaux », a aussi annoncé la police de la nation arc-en-ciel.

Mise à mort politique

L’activiste va donc être fixé sur son sort ce 20 avril 2026 lors de sa comparution devant la justice. En attendant, son ONG a dénoncé, dans un communiqué une « mise à mort politique »

Selon l’ONG Urgences panafricaines, il s’agit d’une persécution politique commandée par la France et le régime de Patrice Talon, au Bénin, qui cherche à « tuer politiquement » Kemi Seba.

Si en Afrique du Sud, l’affaire est pour le moment traitée selon une procédure normale pour des faits d’émigration clandestine et de réponse à un mandat d’arrêt international contre un fugitif recherché par Interpol, le cas Kémi Seba pourrait prendre une autre tournure dans les prochains jours.

Opposant certes au régime de Talon, l’activiste est très populaire sur les réseaux sociaux panafricains, ce qui pouvait donner à l’affaire une autre tournure plus politique qui pourrait jouer à son avantage. Il est surtout connu pour sa proximité avec les régimes militaires au pouvoir dans les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES). Au Niger, il bénéficie même d’un statut de Conseiller spécial du Président de la République, le Général d’armée Abdourahmane TIANI, qui lui d’ailleurs fait délivré un passeport diplomatique, après la déchéance de sa nationalité française. Proches des réseaux russes en Afrique, il est connu pour la virulence de ses critiques envers l’ancienne puissance coloniale française, pays où il est né, ainsi que d’autres chefs d’Etats du continent proches de Paris.

A.Y.B