(Echos du Niger 18 juin) À l’occasion de la Journée internationale de l’Enfant Africain, célébrée le lundi 16 juin 2025, le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) a publié un communiqué, tirant la sonnette d’alarme sur les multiples violations des droits de l’enfant au Niger.
Le RJDH a tout d’abord rappelé que cette journée commémorative rend hommage aux enfants de Soweto, massacrés en 1976 pour avoir réclamé leur droit à une éducation équitable. Près de cinquante ans plus tard, cette date demeure une occasion de réflexion sur les conditions de vie des enfants africains et sur les progrès à accomplir pour leur garantir un avenir meilleur souligne l’organisation.
Le RJDH a ensuite souligné que la situation des enfants au Niger reste particulièrement préoccupante. Citant des données de l’UNICEF, le réseau rappelle qu’ « environ 76 % des filles nigériennes sont mariées avant l’âge de 18 ans, dont 28 % avant 15 ans ». À cela s’ajoute un autre chiffre alarmant : « 42 % des enfants âgés de 5 à 14 ans sont engagés dans le travail, souvent dans des conditions d’exploitation, au détriment de leur scolarisation » dénonce le RJDH.
La situation est aggravée par les crises sécuritaires qui frappent certaines régions du pays. Les attaques de groupes armés ont conduit à la fermeture de centaines d’écoles, privant ainsi des milliers d’enfants de leur droit fondamental à l’éducation. En plus de cela, les déplacements forcés, les violences physiques et psychologiques, ainsi que l’enrôlement d’enfants dans les groupes armés sont des réalités quotidiennes pour de nombreuses familles nigériennes indique le réseau.
Face à cette urgence, le RJDH lance un appel pressant :
- Aux autorités nationales, pour qu’elles renforcent les mécanismes de protection de l’enfance, appliquent les lois contre le mariage des enfants et le travail infantile, et garantissent un accès équitable à l’éducation, y compris dans les zones à risque.
- Aux partenaires internationaux et humanitaires, pour intensifier leur appui en matière de santé, d’éducation et de protection des enfants vulnérables.
- Aux médias, afin qu’ils jouent un rôle déterminant dans la sensibilisation de l’opinion publique et la dénonciation des violations des droits de l’enfant.
Le RJDH affirme par ailleurs son engagement indéfectible à poursuivre ses efforts en faveur de la protection des enfants et appelle à une mobilisation collective pour bâtir une société où chaque enfant nigérien pourra grandir dans la dignité, la sécurité et l’espoir.
Alkacir Bako(lesechosduniger.com)
