Éducation: un nouvel accord entre le gouvernement et les syndicats pour sauver l’année scolaire

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(Échos du Niger 11 juin) Le Gouvernement et les partenaires du secteur de l’Éducation et de la Formation sont parvenus, dans la soirée du mardi 10 juin, à un nouveau protocole d’accord sur les principales revendications des syndicats qui observent depuis des semaines, des séries de grève et de mouvements de protestations qui risquent de mettre en péril l’année scolaire en cours. Aux termes d’un nouveau round de négociations du Comité interministériel, les deux parties ont accordé leurs violons avec un nouvel engagement du gouvernement à accélérer le recrutement à la Fonction Publique des contractuels de l’éducation avec une première vague d’ici la rentrée 2025 2026 ainsi qu’à accélérer l’apurement des rappels des salaires et autres incidences financières. Il s’agit du deuxième protocole d’accord du genre après celui de décembre dernier qui va certainement permettre de sauver l’année scolaire qui se termine et d’envisager avec plus de sérénité, les préparatifs de la prochaine rentrée académique, à condition que le Gouvernement tienne cette fois parole.

C’est tard dans la soirée du mardi que le protocole d’accord a été signé entre le Président du Comité interministériel de négociations et représentant du Gouvernement, le ministre de l’Enseignement Supérieur Pr Mahamadou Saidou, et les représentants des différents syndicats et regroupements des syndicats du secteur de l’Éducation et de la Formation. C’était en présence des grands témoins notamment les représentants de la Commission nationale du dialogue sociale (CNDS) ainsi que les autres partenaires sociaux notamment l’Association des parents d’élèves, le Conseil national de l’Éducation et de la Formation professionnelle (CNEFP) ainsi que les associations de défense et de promotion du droit à l’éducation.

Dans le communiqué conjoint qui a été rendu public à l’issue de la rencontre, les deux parties ont rappelé qu’au préalable, le gouvernement avait levé le gel des discussions sur les deux principaux points revendicatifs des syndicats, à savoir le recrutement sans concours des contractuels à la fonction publique ainsi que l’apurement des rappels de salaires et autres incidences financières liées aux avancements et reclassements. Il s’agit des principaux points de blocage des négociations en raison du veto du gouvernement qui avait invoqué, selon le Premier ministre et ministre de l’Économie et des Finances, Ali Mahamane Lamine Zeine, le contexte économique et financier particulièrement difficile que traverse le pays.Les points de blocage levés, les négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux de l’éducation ont repris et se sont déroulées dans “un climat de sérénité et d’ambiance cordiale” selon les deux parties.

Accord sur les principaux points de revendication…

Ainsi, à l’issue des échanges, les deux parties se sont accordés sur les deux premiers et principaux points de la plateforme revendicative de l’ensemble des regroupements syndicaux.Sur le premier point relatif au recrutement sans concours de tous les enseignants contractuels à la fonction publique, les deux parties ont convenu de l’ouverture du processus de recrutement d’une première vague avant la rentrée scolaire 2025-2026 avec comme échéance de mise en solde, le mois de janvier 2026. Aussi, précise le communiqué conjoint, “la partie gouvernementale s’engage à accélérer l’adoption du décret d’application de la loi n°2023-18 du 15 mai 2023 modifiant et complétant la loi n°2007-26 du 23 juillet 2007, portant statut général de la Fonction publique de l’État, avant l’ouverture dudit recrutement”.

En outre, “un comité paritaire sera mis en place pour réfléchir sur le processus du recrutement à raison d’un représentant par regroupement de syndicats”.Sur le second point relatif à l’apurement des rappels des salaires et incidences financières liées aux avancements et reclassements, les deux parties sont tombés d’accord de recourir à l’apurement par “compensation avec des parcelles viabilisées. A cet effet, un autre comité paritaire sera mis en place en raison d’un représentant par regroupement de syndicats.

Le Gouvernement une fois à l’épreuve…

A la fin de ce nouveau round de négociations qui s’est révélé fructueux au regard de l’accord auquel les deux parties sont parvenues, le gouvernement et les syndicats ont décidé de “poursuivre les discussions sur les autres points de la plateforme revendicative consolidée” des partenaires sociaux. Les deux parties se sont également engagées à “tout mettre en œuvre pour maintenir le dialogue social, gage d’un partenariat fécond et profitable à l’école nigérienne”.Ce nouvel accord est le deuxième du genre après celui signé en décembre dernier entre les deux parties. Suite au constat des syndicats que les promesses sur lesquelles le gouvernement n’ont pas été concrétisées et ont même été renvoyées aux calendes grecques, les syndicats ont lancé une série de mouvements de protestation avec des grèves qui risquent d’hypothéquer l’année scolaire qui tire à sa fin.

Malgré les différents appels pour la reprise des négociations, les deux parties se sont longtemps regardées en chien de faïence. Il a fallu l’entrée en scène des autres partenaires pour que les négociations reprennent et débouchent finalement sur un nouvel accord.Il reste maintenant à attendre la suite du processus avec la concrétisation des engagements souscrits par le gouvernement sur les deux principaux points de revendication des syndicats. Pour le moment, le seul motif de soulagement, c’est que cet accord va permettre de mettre fin aux mouvements de débrayage des syndicats et donc au sauvetage de l’année scolaire en cours

Ikali Dan Hadiza (lesechosduniger.com)

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