(Echos du Niger22 mai) Alors que le 2e trimestre de l’année tire à sa fin, le Niger effectue une nouvelle sortie sur la marché financier UMOA-Titre le 28 mai prochain. C’est la 3e depuis janvier 2025. Avec cette nouvelle émission, le Trésor nigérien vise 50 milliards pour faire face à la conjecture ambiante à l’approche de la fête de Tabaski qui s’annonce dans quelques jours. Malgré un contexte macroéconomique difficile et la situation sociopolitique peu reluisante cette émission a toutes les chances de réussir grâce aux perspectives économique positives du pays.
L’émission est constituée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) de 364 jours et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) de 3 ans. Valeur nominale unitaire pour les BAT est de 1 000 000 FCFA. Les OAT ont une valeur unitaire de 10 000 FCFA à un taux d’intérêt de 6,30 % payable annuellement avec une date de valeur fixée au 30 mai 2025. Les soumissions sont déposées via l’application SAGETIL-UMOA, avant 12h30 TU le 28 mai
Cette émission intervient dans un contexte national complexe où le Niger fait face à des défis sociopolitiques difficile avec une économie nationale au ralenti depuis les sanctions du 30 juillet 2023 de CEDEAO.
Au plan régional on note une relative stabilité dans l’espace UEMOA, marqué par des pressions inflationnistes et des exigences accrues en matière de financement public dans plusieurs États membres. Pour tenir les finances publiques dans ce contexte, le Niger a mis l’accent sur la discipline budgétaire et continue de faire appel au marché régional pour le financement de ses besoins. Cette nouvelle émission s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des sources de financement en maintenant la confiance des investisseurs régionaux
Parmi les facteurs qui plaident pour le succès de cette sortie, il ya entre autres l’expérience des marchés du trésor public nigérien. Ce dernier a effectué régulièrement des émissions ces dernières années avec un taux de couverture souvent supérieur à 100 %. Les investisseurs régionaux sont donc familiers avec le profil de risque du pays.
On note aussi le taux attractif que propose le pays dans le cadre de cette émission en l’occurrence le taux d’intérêt de 6,30 % pour l’OAT à 3 ans. Ce taux est compétitif dans l’environnement actuel, ce qui pourrait attirer les investisseurs institutionnels en quête de rendements stables.
Il y a par ailleurs la structure mixte de l’émission à savoir la combinaison de BAT et d’OAT qui permet de répondre à plusieurs profils d’investisseurs (court terme vs long terme), augmentant ainsi les chances de mobilisation des fonds.
Toutefois, cette émission n’est pas dénuée de risques. L’environnement géopolitique, la perception de risque accru liée au climat sécuritaire et les besoins de financement élevés des autres pays de l’UEMOA pourraient limiter l’appétit du marché. Le 20 mai dernier la Cote d’Ivoire a lévé environ 77 milliards et le Burkina Faso en a levé 43 le lendemain ce qui d’une certaine manière amenuise les chances de succès de cette émission nigérienne sans compter une offre abondante sur le marché régional pourrait accroître la compétition entre États pour attirer les ressources.
Ainsi, l’émission du 28 mai 2025 représente une opportunité pour le Niger de confirmer sa capacité à mobiliser des ressources malgré un environnement politique tendu. Grâce à un mécanisme rodé et des caractéristiques attractives, les chances de succès sont réelles, bien que dépendantes de l’évolution des conditions régionales et de la perception du risque souverain.
Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

