(Echos du Niger 20 mai) C’est à travers un communiqué de presse en date du 18 mai 2025, que l’armée nigériane annonça la mort d’Alhaji Shaudo Alku, figure centrale du réseau terroriste dirigé par le tristement célèbre Bello Turji. Cette bonne nouvelle, est accueillie avec un profond soulagement au Niger. Elle marque une avancée significative dans la lutte contre le terrorisme transfrontalier. Selon le communiqué, il est tué lors d’une frappe aérienne ciblée dans l’État de Sokoto le 18 mai 2025, cet allié influent de Turji, convié récemment à une réunion au Nigeria, incarnait une menace persistante pour la stabilité de la région.
Selon le communiqué, cette opération, menée avec précision par la composante aérienne de l’opération Fasan Yama, a frappé un groupe de terroristes près de l’école primaire de Tunfa, infligeant un coup dur aux réseaux criminels responsables de violences et de sabotages répétés. Au Niger, l’élimination d’Alku est perçue comme une victoire non seulement militaire, mais surtout symbolique : depuis un temps, Niamey tire la sonnette d’alarme sur l’ancrage et les exactions des groupes armés Lakourawa, actifs le long de la frontière sud-ouest partagée avec le Nigeria.
Ces groupes, ont multiplié les attaques contre les civils, entravé les activités économiques locales et ciblent des infrastructures stratégiques, notamment le pipeline reliant les gisements pétroliers nigériens au port de Sèmè-Podji au Bénin. Les sabotages perpétrés ont non seulement compromis la sécurité énergétique, mais aussi freiné un développement économique vital pour le Niger.
Dans ce contexte, cette frappe ciblée est plus qu’une simple neutralisation : elle reflète une volonté croissante de coopération régionale. On se souvient de la réunion tenue le 28 août 2024 à Niamey entre les chefs d’états-majors du Niger et du Nigeria. Cette rencontre, axée sur la relance de la coopération sécuritaire, avait déjà jeté les bases d’un front commun face à la menace terroriste. Il est désormais temps de passer des intentions aux actes, de concrétiser cette alliance stratégique en opérations coordonnées et en échanges continus de renseignements.
La neutralisation d’Alku doit servir de tremplin à une collaboration plus étroite, constante et résolue. Le terrorisme, mobile par nature, ignore les frontières. Il est donc urgent que les ripostes, elles aussi, transcendent les lignes géographiques. Pour les peuples nigérien et nigérian, longtemps pris en otage par l’insécurité, chaque avancée dans la lutte contre ces groupes constitue une lueur d’espoir vers un avenir pacifié.
Cette opération réussie n’est pas une fin, mais un signal fort : ensemble, le Niger et le Nigeria peuvent rompre le cycle de la terreur. C’est une opportunité historique à saisir pour restaurer la sécurité, la souveraineté et la dignité des populations des zones frontalières.
Mahamadou Tahirou(lesechosduniger.com)

