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Grève de 72 heures dans l’éducation : les Syndicats hausse le ton face aux promesses trahies du Gouvernement

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(Echos du Niger 15) Le vent de la contestation recommence à souffler dans le secteur de l’éducation au Niger. La Dynamique des Syndicats de l’Éducation et de la Formation (DSSEF) a décidé, à l’issue d’une Assemblée Générale tenue le 12 mai 2025, d’entrer en grève de 72 heures, du 14 au 16 mai. Une décision mûrie et grave, dictée par l’exaspération née du refus du gouvernement d’honorer ses engagements pris en décembre 2024, et renouvelée par son silence pesant lors de la réunion du Comité interministériel du 8 mai dernier.

À l’origine de cette crise, des revendications pourtant claires, connues de longue date et jugées légitimes : l’intégration sans concours des enseignants contractuels à la fonction publique, et le paiement des incidences financières accumulées depuis plusieurs années. Autant d’attentes devenues des sources d’humiliation pour ceux qui, au quotidien, portent l’espoir de l’école nigérienne sur leurs épaules. Loin d’être une nouvelle lubie syndicale, ces revendications traduisent une volonté de répar une injustice sociale et administrative.

Pourtant, après des mois de négociations et d’espoirs nourris par des engagements fermes du gouvernement en décembre 2024, la réalité est amère. Le Comité interministériel convoqué le 8 mai 2025, censé aboutir à des décisions concrètes, s’est révélé être un nouvel épisode de surplace politique. Face à cette inertie, l’Assemblée Générale du 12 mai a été l’occasion pour la DSSEF de réaffirmer sa détermination. Et cette fois, la colère se mue en action. Une grève de 72 heures est engagée, soutenue vigoureusement par le Bureau Exécutif National de la CDTN, qui dénonce le mépris du gouvernement et son indifférence à l’égard des travailleurs de l’éducation.

Une correspondance officielle du ministre de l’Enseignement supérieur, datée du même jour que l’Assemblée Générale, annonce une nouvelle réunion du Comité de négociation pour le 15 mai. Cette tentative tardive d’apaisement suffira-t-elle à désamorcer la crise ? Ou ne s’agit-il là que d’une manœuvre dilatoire de plus, un art dans lequel le gouvernement semble désormais exceller ?

L’incertitude est totale. Le gouvernement saura-t-il enfin faire preuve de bonne foi et apporter des réponses concrètes ? Ou poursuivra-t-il son jeu favori : celui de gagner du temps, espérant user la patience des syndicats ? La DSSEF, échaudée par les promesses non tenues de décembre dernier, acceptera-t-elle encore de tendre la main, ou choisira-t-elle cette fois la voie de la fermeté jusqu’à satisfaction totale ?

La réponse viendra peut-être dans les heures à venir, à mesure que les discussions annoncées se déroulent. Mais une chose est certaine : l’avenir de l’école nigérienne ne saurait être laissé entre les mains de l’indifférence. Il est temps que raison, responsabilité et justice sociale reprennent leurs droits. Faute de quoi, ce sont les élèves, les familles, et in fine tout le pays qui paieront le prix d’un dialogue social abîmé.

Mahamadou Tahirou(lesechosduniger.com)

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