(Échos du Niger 26 mai ) Le climat social dans le secteur de l’éducation nigérien s’assombrit de plus en plus. Face à ce qu’ils qualifient d’« inertie » du gouvernement, les syndicats réunis au sein de la Dynamique des Syndicats du Secteur de l’Éducation et de la Formation (DSSEF) lancent une nouvelle offensive afin que leurs revendications trouve satisfaction auprès du gouvernement.
Dans un communiqué publié ce lundi 26 mai, la Dynamique annonce une série d’actions sur tout le territoire, assorties d’un ultimatum qui pourrait déboucher sur une grève générale.Ce rehaussement de ton intervient à la suite d’une réunion d’évaluation tenue le 23 mai, au cours de laquelle les leaders syndicaux ont constaté un blocage persistant.
Malgré une mobilisation régionale qu’ils qualifient de « satisfaisante », le gouvernement reste sourd à leurs demandes, dénoncent-ils. « Notre engagement est inébranlable », martèle la DSSEF.La semaine du 26 au 30 mai s’annonce donc décisive, avec un calendrier d’actions pour les enseignants dans le cadre de leur combat pour une meilleure condition de vie et de travail.
Le mercredi 28 mai, des sit-in pacifiques sont prévus devant le ministère de la Fonction publique à Niamey, ainsi qu’auprès des gouvernorats, préfectures et mairies dans l’intérieur du pays. Objectif : rappeler l’urgence du recrutement des enseignants contractuels dans la fonction publique.
Jeudi 29 mai, une journée de jeûne symbolique marquera la solidarité avec les enseignants précaires, exposés aux zones d’insécurité. Puis, vendredi 30 mai, des marches pacifiques auront lieu dans la capitale, suivant un itinéraire qui traversera les principaux points de rassemblement citoyens. D’autres activités sont prévus à l’intérieur du pays, coordonnés par les démembrements de la Dynamique. Mais au-delà de ces actions visibles, un travail de fond s’intensifie.
Les syndicats entendent rencontrer des leaders religieux, des associations de parents d’élèves, le Conseil National de Dialogue Social (CNDS), ainsi que diverses personnalités morales pour élargir leur base de soutien. Une stratégie d’alliance visant à transformer une crise sectorielle en véritable cause nationale.Le ton se durcit également sur le front syndical. Si aucune avancée n’est constatée à l’issue de cette semaine d’action, un préavis de grève générale de cinq jours sera déposé, avec effet à partir du lundi 2 juin. Une menace qui, si elle se concrétise, pourrait paralyser totalement le système éducatif nigérien, déjà fragilisé par des années de crise, d’insécurité et de sous-investissement.
La DSSEF rappelle enfin que ses revendications ne sont ni nouvelles ni démesurées : il s’agit, selon elle, du strict respect des engagements pris par l’État, notamment en matière de régularisation des statuts et de sécurité des enseignants dans les zones sensibles.Ce nouvel épisode s’inscrit dans un bras de fer entre syndicats et pouvoir public, où les silences du gouvernement est vécu comme une provocation.
Ikali DH (lesechosduniger.com)

