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L’éducation au Niger en détresse : un nouveau préavis de grève qui en dit long

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(Echos du Niger 20 mai) À quelques semaines de la fin de l’année scolaire, l’école nigérienne tangue dangereusement. Le 19 mai 2025, la Dynamique des Syndicats du Secteur de l’Éducation et de la Formation (DSSEF) a déposé un second préavis de grève de 72 heures, prévu pour les 21, 22 et 23 mai prochains, après une première grève déjà observée les 14, 15 et 16 mai. Ce nouveau bras de fer entre les syndicats et le gouvernement fait planer une menace réelle sur l’avenir des élèves et de l’institution scolaire nigérienne.

Ce préavis s’inscrit dans un climat tendu, aggravé par l’échec retentissant de la réunion du Comité interministériel tenue le 15 mai 2025. Loin d’apaiser les tensions, cette rencontre s’est achevée sur une note amère, sans décisions concrètes, ni avancées notables. Syndicats et représentants de l’État se sont quittés à queue de poisson, laissant derrière eux un sentiment d’impasse et de frustration. Le dialogue, pourtant souhaité par tous, semble réduit à une simple formalité sans impact.

Le cœur du problème reste le non-respect des engagements pris par le gouvernement, notamment le protocole d’accord du 15 février 2022 et le communiqué conjoint du 4 décembre 2024. La suspension unilatérale de toute mesure à impact financier, décidée par les autorités, a été la goutte de trop. Les conséquences de cette décision sont lourdes : salaires impayés, rappels gelés, concours professionnels suspendus, absence de sécurisation des enseignants en zones de conflit. Face à cela, les revendications portées par la DSSEF apparaissent comme légitimes et vitales pour la survie du système éducatif.

Les neuf points de revendication exprimés par les syndicats couvrent des aspects cruciaux de la vie professionnelle des enseignants : recrutement, rémunérations, sécurité, reconnaissance statutaire, justice administrative. En soutien à cette lutte qu’ils qualifient de « noble », les centrales syndicales comme la CDTN et la CNT ont exprimé leur solidarité pleine et entière avec les grévistes, accentuant ainsi le poids politique et social de cette mobilisation.

Mais jusqu’où ira ce bras de fer ? Le gouvernement peut-il continuer à ignorer les cris d’alarme d’un corps enseignant à bout de souffle ? Laisser pourrir la situation, c’est hypothéquer l’avenir des enfants nigériens, sacrifiés sur l’autel de l’indifférence. La DSSEF, tout en observant cette grève, affirme rester ouverte au dialogue franc et constructif. Ce message ne doit pas être ignoré.

Il est urgent de renouer le fil du dialogue, non pas sur la base de promesses sans lendemain, mais sur des engagements concrets, chiffrés, datés, et tenus. Car ce qui se joue ici, ce n’est pas simplement une grève parmi d’autres : c’est la survie même de l’école publique, la dignité des enseignants et l’avenir de toute une génération. Le temps presse. Attendons de voir, certes, mais avec inquiétude.

Mahamadou Tahirou (lesechosduniger.com)

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