(Échos du Niger 3 mai) Au Burkina Faso, l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) a transmis au Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance de Ouaga I, un rapport accablant sur un ancien ministre. Plusieurs infractions de mauvaise gestion et surtout de détournement de biens publics notamment de blanchiment de capitaux, de fausses déclarations de patrimoine et de financement occulte de parti politique, pourraient être retenues contre l’ancien ministre, selon les résultats de l’enquête préliminaire de l’ASCE-LC qui ont été transmis à la justice pour suite à donner.
Selon l’agence officielle de presse (AIB), l’affaire débute par une dénonciation anonyme, parvenue à l’Autorité burkinabé en charge de la lutte contre la corruption, en février 2023, faisant état d’un enrichissement soudain et suspect de l’ancien ministre dont le nom n’a pas encore divulgué, présomption d’innocence oblige.
L’homme politique aurait ainsi rénové une ferme de dix hectares à Saaba, acquis plusieurs biens immobiliers et véhicules, et effectué des dépôts bancaires dont les montants soulèvent des interrogations.L’enquête révèle aussi que deux versements suspects de 40 et 80 millions FCFA sur un compte domicilié dans une banque de la place, que l’ancien ministre justifie avoir reçu de son fils résidant aux États-Unis.
Pourtant, rapporte la même source, des agents de banque affirment avoir récupéré ces sommes en paquets scellés BCEAO, soulevant de sérieux doutes sur leur provenance.De plus, trois chèques, dont un, d’un montant de 35 millions FCFA, ont été encaissés, sans justificatifs probants sur leur utilisation et selon le rapport, l’ancien ministre n’a jamais déclaré ces comptes bancaires dans sa déclaration d’intérêt et de patrimoine, en violation de la loi. Pour l’ASCE-LC, ce sont autant d’éléments de preuves qui permettent de considérer qu’il s’agit d’une fausse déclaration intentionnelle.
Par ailleurs, en sa qualité de cadre d’un parti politique au moment des faits, il est aussi soupçonné d’avoir utilisé ces fonds pour financer son parti politique en période électorale.C’est pourquoi, l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) a transmis au Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance de Ouaga I, le rapport accablant concernant l’ancien ministre.
Plusieurs infractions de mauvaise gestion et surtout de détournement de biens publics notamment de blanchiment de capitaux, de fausses déclarations de patrimoine et de financement occulte de parti politique, pourraient être retenues contre l’incriminé.Au Burkina Faso, la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance fait partie des priorités des autorités de transition.
Plusieurs dossiers de mauvaise gestion et de détournements de biens publics impliquant d’anciennes personnalités politiques ou cadre de l’administration ont été ces derniers temps transmis à la justice pour que l’Etat puisse rentrer dans ses droits et les coupables répondre de leur acte. Des affaires dont les procès sont publics et parfois même retransmis en direct à la télévision publique afin que cela serve d’exemple.
Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

