Finance : les réserves d’or de la BCEAO ont généré 485 milliards FCFA en 2024(Rapport)

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(Echos du Niger 28 avril) Les 70 % de l’or de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) détenus par la Banque de France ont généré une plus-value de 485 milliards FCFA en 2024 selon un rapport de contrôle des comptes de la BCEAO au titre de l’exercice 2024 réalisée par le cabinet d’étude Deloitte (commissaire au compte de l’institution financière). Cette plus-value est portée par la hausse des cours de l’or sur les marchés depuis 2 à 3 ans. Au total, les avoirs en or de la BCEAO ont progressé de 700 milliards FCFA en 2024. Les réserves ont atteint 2 530 milliards de francs CFA l’an dernier, contre 1 831 milliards en 2023.

Alors que les turbulences économiques mondiales renforcent l’attrait de l’or comme valeur refuge, la BCEAO en profite avec ses réserves d’or pour renforcer la stabilité du franc CFA.  Son stock d’or est passé de36 tonnes d’or en décembre 2016 à 1. 520 millions d’onces, soit un peu plus de 43 tonnes en 2024. Cette réserve est certes modeste comparée à celles des grandes puissances économiques (en France : 78,3 millions d’onces, soit 2.436,8 tonnes selon la banque de France), mais elle est déterminante pour le financement des économies du Niger, du Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Sénégal et Togo tous membres de l’Union économique et monétaire ouest-africain (UEMOA).

L’or est une garantie ultime, une sécurité en cas de choc externe ou de déstabilisation des marchés financiers. En période d’incertitude, le métal précieux renforce la crédibilité de l’institution et rassure les investisseurs.

C’est ainsi que l’or s’ajoute aux devises étrangères pour former les réserves de change de la BCEAO pour lesquelles l’institution dépose 70% du stock d’or auprès de la banque de France. Celles-ci sont indispensables pour maintenir la parité fixe entre le franc CFA et l’euro, conformément à l’accord de coopération monétaire avec la France. Seul environ 8 %, est physiquement stockée au siège de la Banque centrale à Dakar selon l’Agence Econfin. Une autre portion est logée auprès de la Banque des règlements internationaux (BRI) indique la même source.

Si la majorité des réserves de la BCEAO sont constituées en devises (euros principalement), l’or assure une diversification des actifs, protégeant ainsi l’économie régionale contre d’éventuelles fluctuations des marchés monétaires internationaux.

Les critique des courants souverainistes…

Si traditionnellement, une partie importante de l’or de la BCEAO est thésaurisé à la Banque de France, à Paris, en vertu d’accords historiques hérités de l’époque coloniale des voix de plus en plus critiquent cette pratique qui remet en cause la souveraineté des Etats selon plusieurs leaders panafricanistes et même des économistes. Kako Nubukpo macroéconomiste et ancien ministre Togolais de la prospective était l’une des voix les plus critique de cette pratique. En décembre 20217, alors qu’il était haut cadre de l’Organisation Internationale de la Francophonie OIF, il a été limogé de ses fonctions de Directeur de la Francophonie économique et Numérique suite à la publication d’une tribune sur le francs CFA cosigné par l’économiste.

Depuis lors, la BCEAO dit être ouvert au rapatriement des réserves pour les pays qui le souhaitent. Cette évolution intervient au moment où l’institution veut relancer le projet de création d’une unique pour la sous-région ouest-africaine prénommé ‘’ECO’’. Pour ce projet, les réserves d’or détenues par la BCEAO joueraient un rôle déterminant mais il faudrait pour ce faire les réserves héberger hors du continent en particulier à la banque de France doivent être rapatrier. Elles serviraient de garantie, renforçant la crédibilité d’une future union monétaire régionale.

Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

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