(Echos du Niger 23 avril) Le gouvernement béninois a enfin dévoilé le bilan pour ses forces armées (FAB), des 3 attaques terroristes coordonnées du jeudi 17 avril 2025, dans la zone dite du “Triple point”, dans le parc du W, à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger. Selon les déclarations du ministre porte-parole du gouvernement, cinquante-quatre (54) soldats ont perdu la vie dans ces attaques simultanées qui ont visé des positions de l’armée de l’opération “Mirador”, déployée dans le nord du pays contre les Groupes armées terroristes (GAT). Cette attaque, la plus meurtrière qu’enregistre l’armée béninoise, a été revendiquée par le JNIM qui a avancé plus de 70 soldats tués, ce qui a été démenti par Wilfrid Léandre Houngbédji qui a saisi l’occasion pour saluer le professionnalisme des militaires engagés sur le terrain, annoncer un renforcement des capacités opérationnelles des forces de sécurité en opération dans la zone et déplorer le manque de coopération des pays voisins dans le cadre d’une réponse régionale globale aux menaces sécuritaires qui ne font que s’amplifier à partir du Sahel vers les pays du Golfe de Guinée.
Une semaine presque après le triple assaut d’assaillants armés contre des positions de l’armée béninoise, le jeudi 17 avril dernier dans la région de l’Alibori, le gouvernement béninois a enfin dévoilé le bilan pour ses soldats. Dans des déclarations ce mercredi 23 avril, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le jeudi dernier, trois (03) assauts simultanés ont été perpétrés dans le Parc W, précisément au niveau des chutes de Koudou, du point triple et contre une équipe en charge de l’ouverture de la voie menant au point triple.
Selon le ministre Wilfried Léandre Houngbédji, 54 soldats ont perdu la vie, et non une centaine comme l’ont laissé entendre certaines rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, s’appuyant sur des revendications du groupe terroriste JNIM sur ses canaux de propagande. Selon le ministre qui dit tenir à rétablir la vérité en fournissant le bilan exact de ces attaques, contrairement aux rumeurs, il ne s’agit pas d’une centaine de morts, mais exactement de 54 soldats tués. « Mais cela n’enlève rien à la gravité de ce qui s’est passé », a-t-il ajouté car selon ses explications, « même un seul mort dans les rangs des Forces de défense et de sécurité (FDS) au front est déjà de trop ». En présentant le bilan de ces assauts, il a saisi l’occasion pour présenter les condoléances et la compassion de l’État aux familles des victimes du drame du 17 avril dernier, ainsi qu’à l’ensemble du peuple béninois.
Un bilan très lourd, le plus lourd jusque-là pour l’armée béninoise…
Le bilan de cette triple attaque est assez lourd pour les forces béninoises qui enregistrent le plus grand nombre de soldats tombés au front depuis le début de ces attaques terroristes dans le nord frontalier du pays. Début janvier 2025, 28 soldats béninois avaient déjà été tués au niveau du « Triple point », dans une embuscade revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une coalition liée à Al-Qaïda, qui a également revendiquée cette dernière triple attaque en présentant un bilan de plus de 70 soldats tués et en exhibant sur ses canaux de propagande, les images d’une importante quantité d’armes de guerre et de munitions saisies auprès des forces béninoises.
Dans ses déclarations, le porte-parole du gouvernement béninois a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles de l’armée, notamment en matière de logistique et d’équipements, pour faire face à la menace terroriste qui s’étend dans la sous-région après avoir embrassée le Sahel. Il a mis en évidence l’importance des moyens matériels et techniques pour mettre fin au péril terroriste. Pour contenir cette menace, a-t-il dit, le gouvernement béninois avait lancé dès janvier 2022 l’opération « Mirador », mobilisant près de 3 000 soldats. Aussi, un recrutement de 5 000 militaires supplémentaires avait suivi afin de renforcer la sécurité dans les zones exposées.
Le Bénin déplore le manque de coopération avec les pays voisins…
Le porte-parole du gouvernement a également insisté un autre point de préoccupation à savoir le manque de coopération des pays voisins, notamment dans le cadre d’une stratégie régionale de lutte contre le terrorisme. Le Nord-Bénin fait, en effet, face depuis plusieurs années à une série d’attaques venues du Burkina Faso et du Niger, territoires où sévissent des groupes armés affiliés à l’organisation État islamique ou à Al-Qaïda.
Selon le porte-parole, la conviction du gouvernement est claire: « la victoire sera du côté du Bénin face à ces terroristes », a-t-il assuré sur un ton presque martial.
Il faut noter qu’au lendemain de cette nouvelle attaque qui confirme l’extension de la menace terroriste au Bénin, avec des attaques de plus en plus coordonnées et meurtrières, les réactions se sont multipliées notamment au sein des associations de la société civile et des formations politiques de l’opposition qui ont fermement condamné cet assaut survenu dans le nord du pays.
Elles ont également invité le gouvernement du Président Patrice Talon à renforcer la coopération avec les pays voisins pour une lutte plus efficace contre le terrorisme. Cependant, pour le moment et en dépit des appels de pied du Bénin, cet appel risque de rester lettre morte au regard du climat de méfiance qui persiste entre Porto-Novo, Niamey et Ouagadougou. A tord ou à raison, les autorités militaires du Niger et du Burkina Faso, accusent le régime de Talon de servir de relais à l’ancienne puissance coloniale, la France ainsi que des pays de la Cédéao, pour déstabiliser les transitions en cours dans ces pays de la Confédération des États du Sahel (AES).
Yacouba Barma (lesechosduniger.com)
