(Échos du Niger 19 avril) Dans un communiqué publié cette semaine, l’Association Nigérienne de Lutte contre la Corruption (ANLC, TransparencyNiger) est de nouveau revenue à la charge en exigeant la libération immédiate de l’ancien président Mohamed Bazoum, son épouse Hadiza, du Ministre Hamadou Adamou Souley, du journaliste Moussa Tchangari et de tous les détenus politiques arbitraires. Selon l’ONG, leur détention viole le droit international et entrave la paix au Niger.
Dans son communiqué de presse publié mardi dernier, l’Association nigérienne de lutte contre la corruption, section Niger de Transparency International, a dénoncé les détentions arbitraires contraires aux droits humains et appelle à l’instauration d’un véritable État de droit. Dans un contexte politique marqué par des tensions et des violations des droits humains comme elle en fait cas, l’Association a exigé la libération immédiate de plusieurs figures emblématiques détenues arbitrairement, dont l’ancien président Mohamed Bazoum, son épouse Hadiza Ben Mabrouk, l’ex-ministre de l’Intérieur Hamadou Adamou Souley, et le journaliste Moussa Tchangari.
Selon l’ANLC, ce cri d’alarme, daté du 8 avril 2025, s’inscrit dans une mobilisation nationale et internationale croissante pour restaurer l’État de droit et la paix au Niger. Des détentions arbitraires dénoncées par la communauté internationale selon l’ANLCLe communiqué rappelle que le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a qualifié la détention de Mohamed Bazoum et de son épouse de « violation du droit international », exigeant leur libération immédiate, selon l’ONG qui rappelle aussi que la Cour de Justice de la CEDEAO a également ordonné, dès décembre 2023, la remise en liberté de l’ancien président et de sa famille, soulignant le caractère illégal de leur emprisonnement.
Aussi, poursuit le communiqué, l’Union Africaine n’est pas en reste comme l’illustre le fait que lors du 38e sommet ordinaire à Addis-Abeba, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA, a décrit Mohamed Bazoum comme le « grand prisonnier du Sahel », dénonçant une détention « injustifiable ». Ces appels sont renforcés par des organisations comme Amnesty International, qui a documenté en 2024 des cas de torture, de privation de procès équitables et de restrictions à la liberté de la presse. Dans son communiqué, l’ANLC a insisté sur le cas de Hamadou Adamou Souley, arrêté le 26 juillet 2023 alors qu’il assurait l’intérim du ministre de la Défense, ce qui illustre les incohérences du système judiciaire. Bien que le titulaire du poste soit retourné libre à Niamey, Hamadou reste incarcéré, victime de « discriminations politiques », selon le communiqué.
De son coté, Moussa Tchangari, journaliste et défenseur des droits humains, est quant à lui détenu à la prison de Fillingué, à 180 km de Niamey. Acteur clé de la société civile depuis la Conférence nationale souveraine de 1991, son emprisonnement sans motif valable est dénoncé par Transparency International, l’OMCT et Human Rights Watch.
Pour l’ANLC, des violations flagrantes du droit international…
Le communiqué rappelle avec force les engagements internationaux du Niger, notamment l’article 9 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques, qui interdisent les arrestations arbitraires. La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples est également invoquée, réaffirmant que « nul ne peut être privé de sa liberté sauf pour des motifs prévus par la loi ».
Dans son communiqué, l’ANLC dénonce par ailleurs des ordonnances récentes (2024) sapant les principes de bonne gouvernance : l’ordonnance n°2024-05, contournant les règles sur les marchés publics et la fiscalité, en violation des directives de l’UEMOA; l’ordonnance n°2024-28, modifiant la loi sur la cybercriminalité de manière restrictive ainsi que l’ordonnance n°2024-43, instaurant un fichier des personnes suspectées de terrorisme, jugée liberticide.
Réconciliation, lutte contre la corruption et fin de l’apatridie…
Au-delà des libérations, le communiqué de l’ANLC a exhorté les autorités à mettre fin à l’apatridie, en respectant la Convention de l’ONU de 1954 interdisant de priver quiconque de nationalité si cela le rend apatride; combattre la corruption et l’impunité, en abrogeant les textes facilitant la mauvaise gestion des fonds publics et protéger l’espace civique, en cessant de criminaliser les défenseurs des droits humains et les journalistes. Enfin, l’ANLC n’a pas manqué de saluer le soutien de la communauté internationale, mais insiste sur l’urgence d’agir. “La libération des détenus politiques et le respect des droits fondamentaux sont des préalables indispensables à la réconciliation nationale et à la stabilité.
Comme le souligne le communiqué, il est temps de travailler ensemble dans la communion des cœurs et des esprits pour un Niger juste et démocratique”, a laissé entendre l’ONG qui a appelé à “la vigilance et la solidarité en faveur des voix qui luttent pour la liberté et la justice au Niger”.
Yacouba Barma(Lesechosduniger.com)

