(Echos du Niger 2 avril) Dans la soirée du mardi 1er avril, l’armée malienne a annoncé la perte d’un aéronef sans pilote qui était en mission de surveillance et de sécurisation du territoire, dans les environs de Tin Zawatène, dans le nord du pays, à la frontière algérienne. Quelques heures plutôt, le ministère algérien de la Défense a annoncé que dans la nuit du 1er avril, une unité de son armée a repéré et détruit un drone qui a violé son espace aérien. A l’évidence, il s’agit du même évènement, la destruction ’un drone “Akinci” utilisé par l’armée malienne qui a été abattu par la défense aérienne algérienne dans une zone frontalière entre les deux pays et contrôlée par les rebelles du front de libération de l’Azawad (FLA) qui ont d’ailleurs récupéré et diffusé le reste de l’appareil fourni par la firme turque Baykar. De quoi attiser les tensions qui persistent entre Bamako et Alger, malgré des signes de réconciliation.
Comme les deux facettes d’une même pièce, c’est le même évènement avec deux versions différentes que les armées du Mali et de l’Algérie ont donné sur la destruction d’un drone, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025,aux environs de Tin Zawatène, à la frontière entre les deux pays. Dans un communiqué lundi dans la soirée, l’Etat-major de l’armée malienne a informé que dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, un aéronef sans pilote appartenant aux Forces armées maliennes (FAMA) s’est écrasé à proximité de Tin Zawatène, dans la région de Kidal. L’appareil était, selon la même source, « en mission ordinaire de surveillance du territoire, dans le cadre des opérations de sécurisation des personnes et des biens ». Et d’ajouter que l’impact n’a fait aucun dégât humain alors qu’une enquête a été ouverte pour en déterminer les circonstances de cet accident.
Quelques heures auparavant, le ministère algérien de la Défense a annoncé que dans le cadre des efforts de ‘’protection de ses frontières nationales”, une unité de la sixième région militaire a pu, dans la nuit du 1er avril 2025, à minuit, “repérer et détruire un drone armé de reconnaissance qui « avait violé son espace aérien”, après avoir pénétré l’espace aérien national sur une distance de 2 kilomètres à proximité de la ville frontalière de Tin-Zaouatine.
Il s’agit selon toute vraisemblance, et même si les deux armées se refusent à le reconnaitre explicitement, de la destruction d’un drone de l’armée malienne par la défense aérienne algérienne. Déjà, dans la même nuit où s’est produit l’incident, des populations qui habitaient la zone avaient publié les images de l’engin, un drone “AKINCI” de la firme turque “BAYKAR” utilisé par l’armée aérienne qui est tombé dans une zone contrôlée par les rebelles du front de libération de l’Azawad (FAL), la nouvelle coalition des mouvements indépendantistes du nord Mali qui s’opposent à Bamako et que les autorités maliennes soupçonnent de bénéficier du soutien d’Alger.
Risque de nouvelle escalade entre Bamako et Alger…
Ce nouveau incident risque fortement d’attiser les tensions entre les deux pays voisins malgré les signes de réconciliation constatés, ces derniers temps, entre les autorités des deux pays.
Dans son communiqué, l’armée malienne a assuré que l’opinion sera régulièrement informée des suites de l’enquête avant d’ajouter que cet évènement n’aura aucun impact sur « la volonté et la capacité des FAMA à assurer leur noble mission de protection du Mali et des Maliens ».
De son coté, le ministère algérien de la défense s’est félicité de “cette opération de qualité” qui confirme, une nouvelle fois, « la grande vigilance et la disponibilité permanente des unités de l’Armée nationale populaire de préserver nos frontières terrestres, aériennes et navales, de toute menace qui porte atteinte à la souveraineté nationale ».
Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

