(Echos du Niger 1 avril) Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est entretenu hier lundi 31 mars avec son homologue français, Emmanuel Macron, avec qui, ils ont convenu de la reprise sans délai de la coopération sécuritaire et sur les questions de l’immigration entre les deux pays. Après plusieurs mois de brouille diplomatique, Alger et Paris s’engagent à nouveau dans une nouvelle idylle alors que ces derniers temps, la crise a été exacerbée par des prises de position radicale des deux cotés ainsi que le rapprochement entre la France et le Royaume du Maroc que l’Algérie voyait d’un mauvais oeil.
Entre l’Algérie et la France, les relations diplomatiques ressemblent plus à un vieux couple qui se dispute sans arrêt sans vraiment se séparer tant ce qui les unit s’avère plus fort que ce qui les sépare! La preuve avec cette nouvelle idylle qui se profile entre Alger et Paris, après plusieurs mois de brouille.
Le président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune, a reçu, dans la soirée du lundi, un appel téléphonique de son homologue Emmanuel Macron, président de la République française, lors duquel, le président Macron a tenu à adresser au Président Tebboune et au peuple algérien ses meilleurs vœux de succès et de prospérité à l’occasion de l’Aïd El-Fitr. Dans le communiqué publié par les Présidences des deux pays à l’issue de cet entretien très attendu, il a été indiqué que les deux chefs d’Etat ont eu « un long échange franc et amical sur l’état de la relation bilatérale et sur les tensions qui se sont accumulées ces derniers mois ». A cet égard, « les deux Présidents ont réitéré leur volonté de renouer le dialogue fructueux » qu’ils avaient consacré avec la Déclaration d’Alger d’août 2022 et qui s’était traduit par des gestes forts en matière mémorielle, notamment la création de la commission mixte des historiens franco-algériens, la restitution de restes humains des chouhada de la Résistance et la reconnaissance de la responsabilité dans la mort d’Ali Boumendjel et de Larbi Ben M’hidi.
Selon la même source, « les deux Présidents sont convenus que la force des liens – en particulier humains – unissant l’Algérie et la France, les intérêts stratégiques et de sécurité respectifs des deux pays, les défis et crises auxquels l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique étaient confrontées exigeaient le retour à ce dialogue d’égal à égal entre deux partenaires qui constituent des acteurs européen et africain de premier plan et qui sont attachés à la légalité internationale, ainsi qu’aux buts et principes édictés par la Charte des Nations Unies ».
Réconciliation en vue entre Alger et Paris…
Selon la Présidence algérienne, lors de leur entretien, les deux Président ont également convenus de « travailler étroitement ensemble pour donner à cette relation une nouvelle ambition dans cet esprit d’amitié, permettant de traiter l’ensemble des aspects de la relation bilatérale dans un souci d’efficacité et de résultats ». Ainsi, ajoute la même source, « les deux Présidents sont convenus de la reprise sans délai de la coopération sécuritaire ».
A cet effet, souligne-t-on, les Présidents Tebboune et Macron « se sont accordés sur le fait qu’une coopération migratoire confiante, fluide et efficace permettant de traiter de toutes les dimensions de la mobilité entre les deux pays devait être immédiatement réinitiée, dans une logique de résultats répondant aux préoccupations des deux pays ».
Et le communiqué d’ajouter que « tout en saluant l’oeuvre déjà accomplie par la commission mixte des historiens, créée à leur initiative, les deux Présidents ont marqué leur détermination intacte à poursuivre et finaliser ce travail de mémoire, dans l’esprit d’apaisement, de réconciliation, et de refondation de la relation à laquelle les deux chefs d’Etats sont attachés ». A ce titre, la commission mixte des historiens reprendra sans délai son travail et se réunira prochainement en France, les conclusions de ses travaux et ses propositions concrètes seront remises aux deux chefs d’Etat avant l’été 2025.
Lors de cet entretien téléphonique, rapporte la même source, « l’’importance de la coopération judiciaire entre les deux pays a été soulignée et les deux Présidents sont convenus de la reprise des échanges et de la coopération dans ce domaine« . C’est ainsi qu’ils ont acté la visite prochaine à Alger du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Par ailleurs, ils ont souligné l’importance de développer la coopération économique entre les deux pays dans les domaines d’avenir avant de s’engager à œuvrer au renforcement des échanges et des investissements dans le respect des intérêts des deux pays.
Le cas de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal évoqué…
« Le Président Macron a fait part au Président Tebboune de l’appui de la France à la révision de l’Accord d’association Union européenne – Algérie. Il a réitéré sa confiance dans la clairvoyance du Président Tebboune et appelé à un geste de clémence et d’humanité à l’égard de M. Boualem Sansal, à raison de l’âge et de l’état de santé de l’écrivain », ajoute la même source.
Afin de donner rapidement à la relation entre la France et l’Algérie l’ambition que les deux chefs d’Etat souhaitent lui conférer, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, se rendra à Alger le 6 avril à l’invitation de son homologue algérien M. Ahmed Attaf. « Cette visite permettra de détailler ce programme de travail ambitieux, d’en décliner les modalités opérationnelles et le calendrier de mise en œuvre. Il sera ainsi acté que l’ambition commune d’une relation ambitieuse, sereine et respectueuse des intérêts de chacun débouchera sur des résultats concrets » ajoute le communiqué qui conclu que « les deux présidents ont enfin arrêté le principe d’une rencontre prochaine ».
Ikali Dan Hadiza(lesechosduniger.com)

