Le d’armée Abourahamane Tiani président de la République

Général Tiani: « le pardon et la réconciliation auxquels nous appelons ne peuvent s’opposer aux aspirations légitimes des nigériens à la justice »

Actualité

(Echos du Niger 27 mars) Lors du discours qu’il a prononcé à l’occasion de sa consécration comme Général d’armée et Président de la République, le Chef de l’Etat est revenu sur l’appel au pardon et à l’oubli auquel il avait appelé l’ensemble des nigériens pour pouvoir aller véritablement de l’avant. Des propos qui ont soulevé une vive polémique d’autant que certains les avaient perçu comme une manière de consacrer une certaine prime à l’impunité pour ceux qui se sont rendus coupables de crimes de détournements de biens publics ou de mauvaise gestion et qui n’auront pas à répondre de leur forfait devant la justice. Tout en réitérant son appel à la réconciliation des nigériens, le Président du CNSP a clarifié ses déclarations en assurant qu’il ne s’agit point de faire obstacle à la soif légitime des citoyens pour la justice car, comme l’a déclaré Abdourahamane Tiani, mercredi au CIC Mahama Ghandi de Niamey, “il ne saurait y avoir véritablement pardon et renonciation sans justice”.

Cela a le mérite de lever toute équivoque pour ceux qui en cultivent encore! « Le pardon et la réconciliation auxquels nous appelons ne peuvent s’opposer aux aspirations légitimes des nigériens à la justice », a déclaré le désormais Président de la République, le général d’Armée Abdourahamane Tiani, à l’occasion de la cérémonie officielle de lancement de la mise en œuvre des résolutions et recommandations issues des Assises Nationales pour la refondation qui se sont tenues du 15 au 20 Février 2025 à Niamey. 

Dans l’allocution qu’il a prononcée peu après avoir signé la Charte de la Refondation, le Chef de l’Etat s’est félicité de cette étape du processus qui a permis de doter le pays de nouvelles orientations stratégiques qui vont se traduire par un impact politique et social  certain et qui prend en compte « nos réalités et nos légitimes aspirations d’un nouveau départ pour un Niger, souverain et résolument engagé sur le chemin de son développement ». En ce sens , il avait ajouté que la réalisation de cet objectif va nécessiter de chacun et de tous un effort assidu au travail, une résilience à toute épreuve et d’importants sacrifices, elle va enfin elle va nécessité surtout, que tous les nigériens se retrouvent et regardent dans la même direction, celle de l’intérêt supérieur de la nation. 

Justice et reddition des comptes

Le Président de la République a saisi l’occasion pour rappeler que lors de la remise du rapport final des assises, le lundi 10 mars 2025 , il avait évoqué la nécessité pour les nigériens de pardonner et se pardonner entre eux pour se débarrasser du boulet de la haine et de la rancœur qui tire le pays vers le bas et lui empêche de prendre son envole vers le progrès. Des propos qui ont soulevé une vive polémique au sein de l’opinion et que le Général Tiani a cru devoir clarifier en réitérant, d’abord, cet appel  car, a-t-il dit, « je reste convaincu que c’est à cette condition que nous réussirons à libérer les énergies positives et le génie des nigériens »

Le Chef de l’Etat nigérien a  toutefois rassuré que  ce pardon et cette réconciliation ne peuvent s’opposer aux « aspirations légitimes des nigériens à la justice », les deux approches sont plutôt nécessairement conciliables.  « Notre intime conviction est qu’il ne saurait y avoir véritablement pardon et renonciation sans justice », a lancé le Chef de l’Etat qui, un brin philosophique, a tenu à préciser « qu’aucune action humaine ne pourrait suffire pour réparer toutes les injustices subies par les nigériens du fait de nos égoïsmes, de la mauvaise gestion de l’État et de l’ingérence de certaines puissances étrangères dans nos affaires intérieures ».

Le Président du CNSP a ensuite réaffirmé son engagement solennel à toujours œuvrer pour le pardon et la conciliation entre nigériens, pour l’unité, pour la justice et la reddition des comptes dans la gestion des affaires publiques.  « Il n’y aura sous le régime du CNSP ni chasse au sorcier, ni impunité, ni protection politique offerte à un quelconque nigérien face à la justice ou la Commission de lutte contre la Délinquance Économique Financière et Fiscale (COLDEFF) que nous devons tous soutenir en lieu et place de critiques stériles dont elles font souvent l’objet »,  a promis le Général Abdourahamane Tiani a aussi réitéré son engagement à jouer pleinement sa participation en posant en ce qui le concerne les actes nécessaires pour donner une traduction concrète  aux résolutions et conclusions des assises. « En cela, j’entends accomplir mon devoir avec la claire conscience des intérêts supérieurs bien compris du Niger », a assuré le Président du CNSP.

A.Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

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