(Échos du Niger 12 février)L’Algérie, le Nigéria et le Niger ont signé, mardi 11 février à Alger, de nouveaux accords pour accélérer la réalisation du projet du Gazoduc transsaharien (TSGP). Il s’agit d’un contrat de mise à jour de l’étude de faisabilité du projet, d’un contrat de compensation et d’un accord de non-divulgation (NDA) entre les sociétés d’énergie des trois pays. Les documents ont été paraphés par les ministres en charge du Pétrole de l’Energie des trois pays à l’issue de la 4e réunion ministérielle du comité de pilotage du projet du gazoduc transsaharien qui vient de se tenir dans la capitale algérienne. L’occasion aussi pour la partie nigérienne d’avancer les dossiers communs avec le partenaire et voisin algérien dans le domaine de la coopération énergétique.
Décidément, Niamey, Abuja et Alger sont décidées, cette fois plus que jamais, à accélérer la réalisation du Projet du Gazoduc Transaharien (TSGP), une initiative stratégique des 3 pays producteurs visant à réaliser un gazoduc continental permettant d’acheminer le gaz naturel du Nigeria, via le Niger, vers l’Algérie, afin d’être exporté vers les marchés européens et d’autres destinations internationales. C’est l’impression qui s’est dégagée à l’issue des travaux de la 4e réunion ministérielle du comité de pilotage du projet du gazoduc transsaharien qui s’est tenue mardi 11 février 2025 au Centre des Conférences d’Alger, la capitale algérienne.
La rencontre a été sanctionné par la signature, entre les 3 pays porteurs du Projet, de nouveaux accords pour accélérer la réalisation du projet. Il s’agit notamment du contrat de mise à jour de l’étude de faisabilité du projet, du contrat de compensation et du accord de non-divulgation (NDA) entre les sociétés d’énergie des trois pays.Dans les détails, le contrat de mise à jour de l’étude de faisabilité a été signé par le ministre d’État, ministre algérien de l’Energie, des Mines et des Énergies renouvelables, Mohamed Arkab, le ministre d’État chargé des Ressources pétrolières de la République fédérale du Nigeria, Ekperikpe Ekpo et le ministre du Pétrole de la République du Niger, Sahabi Oumarou, en présence du ministre nigérien de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de l’Environnement, Maizama Abdoulaye.
Le contrat de compensation et l’accord de non-divulgation (NDA) a été signés par le PDG de Sonatrach, la compagnie pétrolière nationale d’Algérie, Rachid Hachichi, le DG de la SONIDEP du Niger, Ali Seibou Hassane, et leurs homologues du Nigeria, Olalekan Ogunleye, vice-président exécutif du gaz, de l’électricité et de l’énergie nouvelle de la compagnie pétrolière nigériane (NNPC LTD). « Les trois Etats constituant le groupe de travail du projet ont formulé nombre de recommandations que nous avons approuvées, ce qui augure une concrétisation prochaine du projet » a indiqué, à l’issue de la réunion, le ministre nigérian dans une déclaration conjointe à la presse avec le ministre d’État, ministre de l’Energie, des Mines et des Énergies renouvelables, Mohamed Arkab et le ministre du Pétrole de la République du Niger, Sahabi Oumarou. Après avoir mis en avant le caractère vital de cette infrastructure énergétique continentale qui contribue au développement et à la diversification de l’économie africaine, M. Ekperikpe a félicité l’Algérie et le Niger pour ce nouveau pas « franchi dans le processus de réalisation du projet commun ».
Selon M. Ekperikpe, la réunion ministérielle qui a regroupé les ministres de L’ énergie des trois pays a été « fructueuse », grâce à l’esprit de coopération, soulignant d’autre part, l’importance d’exploiter les grandes capacités gazières, dont disposent l’Algérie et le Nigeria, à travers le TSGP.De son coté, le ministre du Pétrole de la République du Niger, Sahabi Oumarou s’est félicité, à son tour, des conclusions de la réunion tripartite, soulignant que « l’Algérie, le Niger et le Nigeria ont des intérêts, un sort et un avenir communs et que le TGSP, se veut véritablement une infrastructure africaine intégrée ». Le ministre Sahabi Oumarou n’a pas manqué de réaffirmé que le Niger était engagé à la réalisation du projet du gazoduc transsaharien (TSGP), de manière « accélérée », vu son importance en termes de développement pour les peuples de la région. « Nous disposons, désormais, du moyen et de l’instrument qui nous permettront d’aller de l’avant », a-t-il soutenu ajoutant, à ce propos, que « chaque Etat s’engage à contribuer à la réalisation de ce projet intégré, de manière accélérée, étant un projet bénéfique pour nos peuples ».
Un projet stratégique pour les 3 pays…
Pour sa part, le ministre algérien des Energies et des Mines a réaffirmé le caractère stratégique que revêt le projet pour tout le continent africain, susceptible d’assurer le transport de 20 à 30 milliard m3/an de gaz du Nigeria, passant par le Niger et l’Algérie vers les marchés internationaux, notamment l’Europe. Il a souligné que la réunion avait permis aux ministres participant d’évoquer plusieurs points permettant « d’aller de l’avant dans la réalisation de ce projet », ajoutant que la rencontre avait été une occasion pour l’Algérie d’affirmer « son engagement à assurer tous les moyens nécessaires et à réunir les conditions propices pour sa réussite sur orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune qui a affirmé l’engagement de l’Algérie à la coopération africaine dans le domaine économique pour l’épanouissement du continent ». Le ministre Arkab a aussi ajouté que « ce projet énergétique important et stratégique consacre la coopération entre pays africains pour accéder aux marchés internationaux en matière d’exportation du gaz naturel ».
Engagement commun pour l’accélération de la réalisation du projet…
Dans une déclaration conjointe à la presse avec le PDG du groupe Sonatrach, Rachid Hachichi et le directeur général de la Sonidep, Ali Seibou Hassane, le vice-président exécutif du gaz, de l’électricité et de l’énergie nouvelle de la compagnie pétrolière nigériane (NNPC LTD), Olalekan Ogunleye, a estimé que les trois accords signés aujourd’hui « témoignent de notre engagement au TGSP », notant que le projet aura un rôle clé dans le développement économique en Afrique. Et d’ajouter: « nous réitérons notre engagement à ce projet en lequel nous avons une confiance justifiée par la priorité qu’accorde le Nigéria au développement du secteur gazier », a-t-il soutenu, ajoutant: « nous sommes convaincus que les conditions sont favorables pour œuvrer collectivement à la concrétisation du TGSP dans les meilleurs délais ». Il a estimé par la même occasion que le comité de pilotage du projet, se veut une plateforme, à même de garantir la concrétisation de ce projet « dans les plus brefs délais », soulignant l’importance de renforcer les relations positives liant la société nigériane et Sonatrach, à travers ce type de projets.
De son côté, le DG de la Sonidep, M. Ali Seibou Hassane, a considéré qu' »il n’est plus question de perdre davantage de temps », concernant le projet de gazoduc et que le moment était venu pour « le concrétiser par la mise en œuvre de mesures pratiques », tout en affirmant « l’engagement du Niger à atteindre cet objectif ». Pour sa part, le PDG de la SONATRACH a précisé dans ses déclarations que les charges liées à l’étude du TGSP seraient partagées équitablement entre les trois entreprises, notant que la mise à jour de l’étude de faisabilité du projet augure sa réalisation « dans les meilleurs délais ».Il convient de rappeler que le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) est un ambitieux projet qui devra permettre d’acheminer le gaz nigérian vers l’Algérie en passant par le Niger. L’idée du Projet date de plusieurs décennies mais a connu plusieurs péripéties avant de renaitre ces dernières années sous l’impulsion de l’Algérie et avec le soutien du Niger alors que le Maroc s’est entendu avec le Nigeria et plusieurs autres pays de la cote ouest-africaine pour la réalisation d’un projet de Gazoduc devant relier le Nigeria et le Maroc avec les mêmes objectifs de viser les marchés européens et internationaux. En juillet 2022, un mémorandum d’entente a été signé entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria pour la réalisation du gazoduc transsaharien et en septembre dernier, le ministre nigérian de l’Énergie avait déclaré même que les travaux avaient débuté dans son pays.
Fin 2024, le Président algérien a annoncé que la phase d’étude du projet était presque terminée et a ajouté que certains pans du projet étaient déjà en cours de réalisation. Le Président Tebboune a aussi précisé que son pays et les autorités nigériennes s’étaient entendus et que l’Algérie allait prendre en charge la réalisation du tronçon reliant le Nigeria à la frontière algérienne. En d’autres termes, l’Algérie va se charger de construire toute la partie du tronçon qui traversera le Niger. Il a également affirmé que ce projet d’une très grande importance était sujet à un parasitage.D’une longueur totale de 4 128 kilomètres, le gazoduc transsaharien aurait une capacité annuelle de 30 milliards de mètres cubes.
A.Yacouba Barma(lesechosduniger.com)

