Bazoum Mohamed: pour l’ONU la détention de l’ancien président est “arbitraire”, ses avocats exigent à nouveau sa libération

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(Echos du Niger 11 février) Dans un avis qu’il vient de rendre, le Groupe de Travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a dénoncé que les privations de liberté de l’ancien Chef de l’Etat et de son épouse sont “arbitraires” et a appelé à sa libération immédiate. Une décision sur laquelle les avocats de Bazoum Mohamed se sont appuyés pour réitérer, dans un communiqué publié ce lundi, l’élargissement de l’ancien couple présidentiel à la veille d’un Sommet de l’Union africaine (UA) et surtout de la tenue d’Assises nationales de la transition où l’ex Chef d’Etat risque d’être l’un des grands absents.

C’est un avis qui en l’espèce n’a aucune force exécutoire surtout pour les autorités de Niamey mais qui va remettre le cas de l’ancien Chef d’Etat au devant de l’actualité. A l’issue de sa 101e session, le Groupe spécialisé de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a estimé que « les privations de liberté de Mohamed Bazoum et de Hadiza Bazoum sont arbitraires ». L’instance qui dépend du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, a aussi jugé que « la mesure appropriée consisterait à libérer immédiatement M. et Mme Bazoum et à leur accorder le droit d’obtenir réparation ».

Selon les Nations Unies, les autorités militaires nigériennes de transition, qui ont été saisies pour se prononcer sur l’affaire à la suite de la saisine du Groupe de travail par les avocats de l’ancien président,  ont réfuté les accusations selon lesquelles Bazoum Mohamed soit détenu sans base légale.  L’ancien président qui est détenu au sein du complexe présidentiel de Niamey depuis le coup d’état du 26 juillet 2023 qui l’a renversé, est notamment accusé d’avoir échangé au téléphone avec des « forces obscurantistes ennemies du Niger pour commanditer une attaque avec l’aide des puissances étrangères », des actes« assimilés aux complots et attentats contre la sûreté de l’État, et intelligence avec des puissances étrangères », et donc punies par le code pénale nigérien. Cependant, pour le Groupe de Travail de l’ONU, ces explications n’ont pas été assez convaincantes puisque dans son avis, il a indiqué que le régime militaire du CNSP « n’a fourni aucune explication tendant à justifier la durée de leur détention, ainsi que l’absence de procès devant les juridictions nigériennes compétentes ».

Le Collectif des avocats de Bazoum se font entendre à nouveau…

Les avocats de l’ancien chef de l’Etat ont saisi la balle au rebond et n’ont pas tardé à réagir à cette décision de l’ONU, dans un communiqué publié lundi 11 février, ils se sont satisfaits de cette décision du Groupe de travail rendu après un débat contradictoire et ont de nouveau appelé à sa libération.« Le président Bazoum et son épouse sont privés de tout contact avec le monde extérieur, y compris leur famille, leurs amis et même leurs avocats, depuis la confiscation de son téléphone en octobre 2023. Seul un médecin peut leur rendre visite pour leur apporter de la nourriture et des médicaments », a précisé le collectif de ses avocats dans son communiqué, mettant en avant les conditions difficiles de sa détention et de son épouse depuis maintenant plus de 18 mois. Ils ont réitéré leur demande de “libération immédiate ».

L’ancien président Bazoum et Epouse

Ce n’est pas la première fois que les avocats de l’ancien président, tout comme d’ailleurs le Secrétaire générale de l’ONU et l’Union Africaine,  appellent à sa libération sans disposer véritablement de moyens de contrainte à l’égard des dirigeants nigériens.En juin, la Cour d’Etat, une juridiction d’exception créée par le régime militaire dirigé par le Général Abdourahamane Tiani, a levé l’immunité présidentielle de Bazoum, ouvrant la voie à un éventuel procès mais aucune date n’a depuis été fixée. En octobre, l’ancien chef de l’Etat avait été accusé par les autorités nigériennes et la justice d’avoir orchestré une tentative d’évasion depuis la résidence présidentielle et une information judiciaire a été ouverte selon le procureur général de la Cour d’appel de Niamey de l’époque et depuis aucune avancée significative n’a été enregistrée dans la procédure. Et en décembre 2023, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) avait ordonné la libération de M. Bazoum mais la demande est restée lettre morte et le Niger a depuis quitté l’organisation pour s’allier avec le Mali et le Burkina Faso au sein d’dune Confédération des États du Sahel (AES).

Il faut noter que cette décision du Groupe de travail de l’ONU et le tapage médiatique de ses avocats interviennent à la veille d’un sommet ordinaire des Chefs d’Etat de l’Union africaine (UA) qui peut servir de tribune pour remettre le cas de Bazom Mohamed au devant de l’actualité. Au Niger, elle intervient surtout à quelques jours de la tenu des Assises nationales convoquées par les autorités militaires nigériennes pour élaborer une feuille de route pour la transition. Des Assises où les deux années et quelques mois de gestion de l’ancien Chef de l’Etat seront de toute évidence autopsiées bien que lui et ses proches collaborateurs en seront les grands absents.

Aboubacar Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

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