Niger : le pari d’une véritable industrie pharmaceutique

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(Echos du Niger 8 février) Alors que les impacts désastreux des sanctions de la CEDEAO de juillet 2023 sont encore ressentis dans le système d’approvisionnement du Niger en produits pharmaceutique et autre intrants médicaux, le gouvernement annonce une industrie pharmaceutique dans le pays. Vendredi 7 février le conseil des ministres a adopté un décret portant création de la Nigérienne des Industries Pharmaceutiques (NIPHAR), un Établissement Public à caractère Industriel et Commercial. 

Cette nouvelle société remplace la société nigérienne des industries pharmaceutique (SONIPHAR) dont le fonctionnement « depuis 2008 a toujours reflété les caractéristiques d’un Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial quoiqu’étant dénommée Société Nigérienne des Industries Pharmaceutiques » indique le communiqué du gouvernement.

Une visite du ministre de la santé à SONIPHAR

Par cette décision l’Etat affiche une volonté d’opérationnalisation de la politique pharmaceutique nationale PPN notamment dans un de ses 4 axes majeurs à savoir l’accès aux médicaments. Depuis l’adoption de la 1ere PPN en 1995, l’accès aux médicaments est assuré par le truchement des établissements d’importation et distributeur légalement reconnus appelés dans le jargon du domaine ‘’centrales d’achats’’ aux cotés des officines publiques et privées. Peu après cette libéralisation, l’office nationale de produits pharmaceutique et chimique (ONPPC) perd son monopole sur ce secteur en 1996.

Depuis lors, et malgré son ambition de mettre en place une véritable industrie pharmaceutique, le Niger reste fortement dépendant des importations. Toute chose qui a désagréablement affecté le système national de santé publique depuis le 30 juillet 2023 avec les sanctions de la CEDEAO.

L’objectif de cette nouvelle société est d’assurer la production surplace apprend-on mais pas que.

 « La Nigérienne des Industries Pharmaceutiques (NIPHAR) a pour missions, entre autres, la fabrication, la distribution et la commercialisation des médicaments et dispositifs médicaux, et la fabrication, la distribution des produits parapharmaceutiques », souligne le communiqué du Conseil des Ministres.

les rayons d’une officine privé de la place.

Pour rappel, depuis 2019 l’Organisations des Nations Unies pour le Développement Industrielle ONUDI avec l’accompagnement de l’OMS, a doté le Niger d’une feuille de route pour l’installation d’industrie de production pharmaceutique en conformité avec les normes.  Cette feuille de route consultée par Les Echos du Niger « vise à garantir que la revitalisation des activités de production pharmaceutique dans le pays se déroule conformément aux normes BPF reconnues internationalement et que toute nouvelle installation productrice satisfasse les conditions requises pour pouvoir obtenir une licence de fabrication ».

Il ressort que ce document technique est par ailleurs utile pour l’Agence de réglementation du secteur pharmaceutique dans le cadre de sa mission régalienne de contrôle et de régulation.

Youssouf Sériba

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