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Exploitation de l’eau potable: des dizaines de milliards perdus par l’Etat sous la gestion du Français Veolia!

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(Echos du Niger 7 février) Le ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Colonel Maizama Abdoulaye a révélé, dans un entretien de présentation de bilan sur la télévision national RTN, le colossal manque à gagner pour les caisses de l’Etat dans le contrat d’exploitation de l’eau potable dans les certains urbains, sous l’ancienne gestion de la Société d’exploitation des eaux du Niger (SEEN), la filiale de la firme française VEOLIA. Selon le ministre, sur les dix dernières années de la mise en œuvre du contrat , la société ne déclarait qu’un chiffre d’affaires annuel moyen de 600 millions FCFA avec en exemple 30 millions reçu à titre de dividende dans les années  antérieurs sous la gestion de Véolia sur un exercice contre des projections d’un résultat estimé à 2 milliards CFA pour l’exercice de 2024 par la nouvelle société publique, la Nigérienne des Eaux (NDE). Ce qui donne une idée de l’ampleur des pertes engendrées au Trésor publique en 20 années de gestion déléguée par la filiale de la multinationale française pour des investissements en déca des objectifs et qui ont poussé les autorités à refuser de reconduire le contrat de concession expiré en octobre 2022 autour la gestion de la production et la distribution de l’eau, le transport et la distribution de l’eau potable.

C’est un véritable pavé dans la marre qu’a lancé le ministre de de l’Hydraulique, de l’Environnement et de l’Assainissement qui présentait, jeudi sur les plateaux de la télévision nationale Télé Sahel, le bilan de sa gestion à la tête de ce département ministériel stratégique. « Dans la gestion de la SEEN [ancienne filiale de VEOLIA, NDLR], le gain de l’Etat ne dépasse pas 30 millions FCFA par an au titre de dividendes pour le pays. Aujourd’hui avec la Nigérienne des Eaux [NDE] nationalisée, les projections donnent un résultat de l’ordre de deux milliards dans l’exercice de la seule année 2024 », a révélé le Colonel Abdoulaye Maizama. Des révélations qui ont de quoi choquer au regard des pertes estimées pour le Trésor publique car le contrat de gestion de la multinationale française, à travers sa filiale locale SEEN, s’est étalée sur vingt (20) années soit de 2021 à 2023. Selon les détails données par le ministre, la moyenne du résultat net annuel déclaré par la société sur les dix dernières années était de 600 millions FCFA par an avec 118 millions déclarés en 2022 et même un résultat négatif en 2023, année de la fin du contrat. Des résultats médiocres qui ont poussé les autorités à décider de ne pas renouveler le contrat et à créer une nouvelle société, la Nigérienne des Eaux (NDE) qui, en une année d’exercice et selon le ministre, a obtenu « des résultats très satisfaisants qui donnent raison à la décision souveraine du Président du CNSP et Chef de l’Etat, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, de permettre au Niger d’assumer la gestion pleine et souveraine de nos ressources en eau ». pour garantir la continuité de service public de desserte.

Des actes de sabotage de VEOLIA déjouées

Dans son intervention, le ministre Maizama n’a pas manqué de révélé également les actes de sabotage qui ont été tenté par l’entreprise française pour mettre les bâtons dans les roues de la nouvelle société publique mise en orbite par les autorités nigériennes et dont le processus s’est accéléré au lendemain des évènements du 26 juillet 2023 et le début de la brouille diplomatique entre Niamey et Paris. C’est ainsi que, d’après le ministre, « dans son élan de saboter les initiatives du CNSP », la firme française a désactivé tous les logiciels comptables et s’est désengagée ou a carrément annulé plusieurs commandes auprès des fournisseurs internationaux pour tenter de « créer une situation de rupture de stock » et ainsi asphyxiée la BDE dès sa naissance. A cela s’ajoute, « une campagne souterraine » menée auprès des partenaires internationaux pour présenter la NDE comme  une entreprise à risques” et ainsi la discréditer.

« Malgré ces tentatives de sabotage, la NDE a fait preuve d’une résilience remarquable en continuant à assurer la continuité du service publique d’alimentation en eau potable dans les centres urbains avec des résultats très satisfaisants », s’est félicité le colonel Maizama Abdoulaye qui a souligné que la nouvelle société a réussi, en dépit de ce contexte, à rehausser sa production et à effectuer des dizaines de milliers de branchements ainsi que la réalisation de nouveaux forages et réservoirs d’eau  pour satisfaire la forte demande en eau potable qui est en hausse constante du fait de l’accroissement rapide de la population urbaine. Il a annoncé en ce sens de nouveaux projets en cours sur toute l’étendue du pays et principalement dans les grands certains urbains comme Niamey et surtout Zinder, où avec l’appui de la BAD, un projet de 80 milliards est en vue pour palier à l’épineux problème d’eau auquel est confrontée la seconde ville du pays.

Il convient de rappeler qu’en octobre 2022, le gouvernement du Niger a décidé de ne plus renouveler le contrat d’Affermage pour la Société d’Exploitation des Eaux du Niger (SEEN) du groupe français VEOLIA, contrat qui est arrivé à échéance le 31 décembre dernier. A l’époque, les autorités avaient mis en avant l’absence de résultats notamment des objectifs nettement en deçà de ce qui était convenu dans le contrat avec le repreneur stratégique en 2001, suite à une restructuration du secteur de l’hydraulique urbaine au Niger.

Les chiffres montraient, en effet, que la firme française n’a réalisé que peu d’investissements pour développer le secteur malgré les avantages que lui accordait l’Etat à travers l’appui des partenaires et alors que le Trésor n’encaissait que de maigres ressources en terme de dividende. Cependant, et en dépit de cet état de fait, la multinationale française qui opérait alors en “territoire conquis”, était restée en embuscade et des discussions étaient même en cours pour qu’elle devienne le “partenaire stratégique” de la nouvelle société d’État créée par les autorités. Il a  fallut les évènements du 26 juillet 2023 et l’avènement des militaires du CNSP au pouvoir pour mettre fin à ce subterfuge et pousser VEOLIA à la porte avec la nationalisation de la gestion de l’eau et l’accélération de la prise en main du secteur par la NDE qui a pour mission de prendre en charge le service de production, de transport et de distribution de l’eau potable au Niger.

A.Yacouba Barma

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