(Les Echos du Niger 15 août)Interpellé par la fondation Mo Ibrahim, le 1ᵉʳ aout 2024, l’ancien président du Niger, Mahamadou Issoufou condamne le putsch militaire qui a renversé le pouvoir de Mohamed Bazoum dans une lettre rendue publique le mercredi 14 août 2024. Cette sortie médiatique peine à convaincre certains Nigériens qui continue de voir l’ancien président dans l’ombre du général Tiani.
Face aux soupçons de collusion entre l’ex-président Mahamadou Issoufou et le CNSP, la fondation Mo Ibrahim avait besoin d’être éclairée sur la situation vu le silence du président Issifou. Une posture qui a agacé la fondation, dont il est le dernier lauréat pour un leadership d’excellence. Sur la question, le président Issoufou, dans une lettre datée du 1ᵉʳ août et rendue publique, ce mercredi 14 août 2024, a déclaré être de nature contre toute prise illégale du pouvoir dont celle qui a renversé son successeur Mohamed Bazoum. Il dit être « contre toute intervention extérieure qui serait de nature à déstabiliser le pays et donc à aggraver la situation ». Mahamadou déclare ainsi « condamner tout changement anticonstitutionnel, toute prise de pouvoir par la force, y compris celle intervenue le 26 juillet 2023 » qui a renversé Mohamed Bazoum.
À l’attention de ceux qui lui prêtent une certaine proximité avec le nouvel homme fort du Niger, l’ancien président Mahamadou Issoufou rappelle que son propre fils, ancien ministre du Pétrole, est détenu depuis 12 mois déjà, date de l’avènement du pouvoir du général Abdourahamane Tiani. Pourtant, l’ancien chef d’État continue de participer en sa qualité d’ex-président aux cérémonies organisées par le CNSP et beaucoup de rumeurs circulent sur l’existence d’un canal de communication entre l’ancien et l’actuel homme fort du pays.
Dans une récente sortie médiatique, la fille du président déchu Bazoum a accusé l’ami de longue date de son père d’être le cerveau derrière le putsch du 26 juillet 2023 sans donner les motivations profondes de ce qui s’apparente à une grande trahison. Seul le temps permettra d’éclaircir ce mystère.
Youssouf Sériba

