(Les Echos du Niger 30 mai) Selon le média en ligne Sahel-Intelligence, le Niger et le Bénin seraient récemment parvenus à un accord qui consacre la réouverture d’un poste-frontière situé à proximité de la ville béninoise de Ségbana. Grâce à cet accord, les marchandises peuvent de nouveau librement circuler dans un sens comme dans l’autre entre les deux pays.
Le poste-frontière en question se situe dans le nord du Bénin, le long du fleuve Niger. S’il est loin d’être aussi fréquenté que celui de Malanville, il s’agit tout de même d’un important point de passage pour les biens et les personnes. Sa réouverture devrait donc avoir un impact positif sur les populations.
Les postes-frontières entre le Bénin et le Niger ont été fermés à la suite des sanctions prises par la Cedeao au lendemain du coup de force du 26 juillet. Ces sanctions étaient destinées à faire pression sur le CNSP pour amener ses meneurs à se désister et à remettre le pouvoir au président déchu Mohamed Bazoum. Le Bénin a ensuite soutenu l’hypothèse d’une action militaire contre le CNSP pour réinstaurer le président Bazoum avant que cette dernière ne soit finalement abandonnée.
Cette posture adoptée par le Bénin a profondément offusqué le CNSP qui a décidé, malgré la levée des sanctions prises par la Cedeao de maintenir ses frontières terrestres fermées avec Cotonou. Le Niger accuse aussi le Bénin d’abriter des soldats français qui attendent la moindre occasion pour déstabiliser le pays.
En guise de riposte, le Bénin avait interdit le chargement du pétrole nigérien qui transite par le pipeline Niger-Bénin au port de Sémè. Le président Talon avait posé comme condition la réouverture des frontières terrestres. Cependant, quelques jours après, Cotonou a décidé, à la suite d’une médiation chinoise, d’autoriser temporairement le chargement du pétrole nigérien. Mais il semblerait que le contentieux demeure. En effet, ce 29 mai, le ministre béninois des hydrocarbures, Samou Seïdou Adambi est arrivé à Niamey, mais n’a pas été reçu par le président du CNSP, le général Abdourahamane Tiani. Il était porteur d’un message de Patrice Talon pour son homologue du Niger.
Pour certains experts, la réouverture du poste-frontière situé non loin de Ségbana est le signe d’une normalisation future des relations entre les deux pays.
Mawulolo Ahlijah

